Les personnes en surpoids ou obèses sont souvent montrées du doigt dans nos sociétés : image imparfaite, signe de mauvaise santé, coût pour la société... Mais cette image est-elle récurrente dans notre Histoire ? Georges Vigarello répondait à Noëlle Bréham et la petite Cléo dans les "P'tits Bateaux".

"Je ne suis pas gros, je suis enrobé !" comme le clame Obélix
"Je ne suis pas gros, je suis enrobé !" comme le clame Obélix © Maxppp / Bruno Levesque

Est-ce qu’on s’est toujours moqué des gros dans l’Histoire ? demandait donc Cléo aux P'tits Bateaux, ce dimanche sur France Inter. Noëlle Bréham a interrogé Georges Vigarello, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Il est spécialiste de l’histoire de l’hygiène, de la santé, des pratiques corporelles et des représentations du corps. 

La question de la moquerie des "gros", c'est avant tout la question de notre "entrée en relation avec les autres". Et de tout temps, le gros n'a jamais été véritablement toléré.

Et selon lui, les "gros" ont toujours été victime d'ostracisme. Ce rejet s'exprimait même dans la littérature. Il n'y a qu'à lire le traitement de Shakespeare réservé au personnage comique de Falstaff dans ses pièces Henry IV et Les Joyeuses Commères de Windsor qui parlent de sa bedaine de cerf gras et de ses jambons avec un mépris à peine voilé.

À partir de quand une personne est-elle grosse ?

C'est là que les choses se nuancent évidemment car les critères de gros varient selon les époques. Georges Vigarello évoque par exemple le fait qu'une personne est considérée comme grosse quand elle ne peut plus monter à cheval. La personne est alors objet de rejet et de mise à distance.

A contrario, il cite l'exemple de Monseigneur, fils de Louis XIV, et décrit par le chevalier de Saint-Simon comme un personnage relativement gros qui lorsqu'il est à cheval donne avec sa densité physique un sentiment de force, de domination et de grandeur. Ils peuvent aussi alors représenter la richesse, l'abondance... Il y a donc un seuil de poids qui évoque plus la domination que la moquerie. 

Et aujourd'hui, quelle est la situation ?

Cette nuance faîte au temps de Louis XIV s'est affaiblie et les gens en surpoids sont, dans nos sociétés occidentales, des gens contestés et discutés. Au-delà de peser leur poids, ils pèsent également sur la société, sur l'aspect financier de la communauté. Le surpoids une maladie qui va coûter cher. Ce surpoids toléré avant l'est donc beaucoup moins. Les injonctions médiatiques et gouvernementales font que les "gros" ne plus acceptés tels qu'ils sont.

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