À l’occasion d’une fiction sur les Jeux olympiques de 1936 dans l’émission "Autant en emporte l’Histoire", France Inter vous propose un rappel historique nécessaire au sujet de l’idéologie nazie et de sa propagande sous couvert de sport.

Le 1er août 1936, à Berlin, le porteur du flambeau olympique arrive au lustgarten pour allumer le feu de l'autel
Le 1er août 1936, à Berlin, le porteur du flambeau olympique arrive au lustgarten pour allumer le feu de l'autel © AFP / Leemage

Le 26 avril 1931, le Comité International Olympique décide d’attribuer à la ville de Berlin l'organisation des Jeux olympiques d'été de 1936 à la ville de Berlin.  

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler devient chancelier du Reich.

Le 11 mars 1933, il crée le ministère du Reich de l'Éducation du peuple et de la Propagande, avec, pour ministre, Joseph Goebbels. Ce ministère exerce un contrôle absolu des médias et de la culture.

Berlin, 1er août 1936, Hitler déclare ouvert la 11e Olympiade. 

Ces Jeux sont pour lui l’occasion de soulever en un élan les masses populaires allemandes déprimées par la Première Guerre mondiale, mais aussi de dévoiler au monde l’idéologie nazie.

Le chancelier Adolf Hitler et le ministre de la propagande, Joseph Goebbels, demandent à la jeune et brillante réalisatrice, Leni Riefenstahl, de filmer les épreuves sportives. 

Elle accepte mais, en retour, exige une équipe et des moyens hors-normes. Avec un budget  de 1,8 million de Reichsmarks, entièrement couvert par le régime nazi, ce tournage invente le documentaire sportif.

Sortie en avril 1938, du film "Les Dieux du stade" (titre original allemand : "Olympia"), réalisé par Leni Riefenstahl.

Les Dieux du stade est un film documentaire d’anthologie mais aussi un classique du cinéma de propagande.

Autant en emporte l’Histoire

L’émission du dimanche 1er avril 2018, nous plonge dans l’intensité de ces Jeux Olympiques de 1936 où l’un des athlètes américains, Jesse Owens, petit-fils d'esclaves noirs, va s’imposer comme héros en remportant quatre titres sur quatre épreuves ; de quoi contredire la théorie de l'aryanisme que défend le chancelier allemand et son parti nazi.

Jesse Owens, un champion noir défie Hitler, une fiction de Renaud Meyer, réalisée par Michel Sidoroff, retrace le parcours de ce sportif de haut niveau qui a transcendé l’Histoire et inspiré des générations d’athlètes.

La productrice-animatrice Stéphanie Duncan, invite la journaliste, Maryse Ewanjé-Epée, ancienne athlète, pour commenter cette fiction historique.

Écoutez un extrait de cette fiction, en avant-première !

1 min

Jesse Owen, un champion noir défie Hitler

Par Renaud Meyer

Au cinéma, Stephen Hopkins a réalisé La Couleur de la Victoire, un biopic retraçant la vie de Jesse Owens, portée pour la première fois à l'écran.

(Voici la bande-annonce du film sorti en juillet 2016)

L’Œil du Tigre

Le dimanche 20 septembre 2015, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’émission de Philippe Collin diffuse Les Champions d'Hitler

Ce titre s’inspire directement de celui de l’ouvrage de Benoît Heimermann, grand reporter à L’Équipe Magazine, invité de l’émission, avec le journaliste sportif, Fabrice Abgrall. Ce dernier, historien de formation, a écrit avec l'écrivain François Thomazeau, 1936 : La France à l'épreuve des Jeux olympiques de Berlin, paru aux éditions Alvik en 2006.

Benoît Heimermann, dans Les Champions d’Hitler

Représentants d’un sport utile, codifié et instrumentalisé, ces funestes messagers se croyaient des héros infaillibles, ils n’étaient que de vulnérables otages.

Les deux invités nous livrent de précieuses clés pour imaginer l'atmosphère des Jeux olympiques en cette période tendue de l'Histoire.

La Marche de l’Histoire 

L’émission du mardi 7 mars 2017 par Jean Lebrun titre La Révolution Culturelle Nazie, qui est aussi le titre de l’ouvrage de l’invité, Johann Chapoutot.

Pour prendre la mesure de l’idéologie nazie au lendemain de la Première Guerre mondiale, cette émission apporte des éléments très structurants, en l’occurrence la proposition d’une révolution comme un retour à l’origine, avec un récit de l’histoire et des normes. 

Johannn Chapoutot

Ceux qui n’étaient pas performants n’avaient pas leur place dans « la communauté du peuple »… Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer.

La Révolution Culturelle Nazie, de Johann Chapoutot, est paru en janvier 2017 aux éditions Gallimard. Avec ce recueil, Johann Chapoutot complète un projet initial de deux livres précédents, Le National-socialisme et l’Antiquité (2008) et La Loi du sang : penser et agir en nazi (2014) et nous offre une étude passionnante sur le projet nazi.

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