La jeune écolière Linda Brown a marqué la fin de la ségrégation écolière dans les États américains du Sud après une action en justice de sa famille pour qu'elle puisse aller en classe dans une école proche de son domicile mais jusqu'alors réservée aux Blancs.

Linda Brown (à gauche) en 1964
Linda Brown (à gauche) en 1964 © AFP / Library of Congress

L'écolière noire américaine Linda Brown, dont le refus d'inscription par une école publique du Kansas a abouti en 1954 à l'interdiction de la ségrégation raciale dans les écoles des États-Unis, est décédée ce lundi à 76 ans.

Dans un communiqué, Sherrilyn Ifill, directrice de la branche juridique de la NAACP, organisation fondée en 1909 pour défendre la cause des Noirs, a salué la mémoire de l'une de "ces jeunes gens héroïque qui, avec sa famille, se sont courageusement battus pour mettre fin au symbole ultime de la suprématie blanche -la ségrégation raciale dans les écoles publiques".

En 1951, Oliver Brown, qui résidait à Topeka, avait voulu inscrire sa fille de 9 ans dans une école proche du domicile familial. Cette école, bien qu'à proximité, était réservée aux Blancs, ce qui avait valu un refus à la petite Linda, au prétexte qu'elle était noire, obligeant l'écolière à aller en classe dans une école noire nettement plus éloignée

A l'époque, la plupart des États du Sud avait la possibilité de séparer ainsi les élèves noirs et blancs. Le père de Linda Brown avait alors contesté en justice, dans une plainte en nom collectif, cette loi du Kansas qui autorisait les villes de plus de 15 000 habitants à établir des écoles séparées.  

"Décision de la Cour suprême la plus importante du XXe siècle"

Cette longue procédure a été soutenue et portée par la NAACP et s'est conclue par l'une de ses victoires les plus emblématiques, également une date phare du mouvement des droits civiques : le 17 mai 1954, la Cour suprême des États-Unis a jugé à l'unanimité que cette ségrégation scolaire était contraire à la Constitution. 

Cet arrêt historique est connu sous le nom de "Brown v. Board of Education" (Brown contre le Bureau de l'éducation de Topeka).  

Sherrilyn Ifill, de la NAACP, l'a qualifiée de "décision de la Cour suprême la plus importante du XXe siècle".  Mais l'arrêt "n'a pas abattu instantanément ni sans douleur les murs qui divisaient tant notre pays. Elle a cependant déverrouillé des barrières", avait noté en 2014 le ministre américain de la Justice, Eric Holder. 

En 1957, le président Dwight Eisenhower avait dû envoyer l'armée au lycée central de Little Rock, dans l'Arkansas, pour permettre à des élèves noirs d'intégrer l'établissement. 

"L'arrêt Brown a fait de l'Amérique un rayon d'espoir pour le reste du monde, il nous a appris que grâce à la loi, nous pouvions mettre fin à un système de caste basé sur la race et oppressif", a réagi pour sa part l'Union américaine pour les libertés civiques (ACLU).  _"Aujourd'hui nous rendons hommage à Linda Brown et à tous les combats qu'il nous reste à gagner"_, a-t-elle ajouté.

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