Alors que ces deux grottes ne sont séparées que de quelques centaines de kilomètres, pourquoi les variétés d’animaux représentées sur les parois des grottes sont-elles si différentes ? C’est la question posée par Antonin, six ans, à l’archéologue Carole Fritz au CNRS dans l’émission "Les P’tits bateaux".

A la grotte Chauvet en Ardèche
A la grotte Chauvet en Ardèche © Getty / Jean-Marc Zaorski

La Grotte Chauvet (située à coté de Vallon Pont d’Arc en Ardèche) et celle de Lascaux (située en Dordogne) sont fermées pour des raisons de conservation. Heureusement, elles possèdent chacune leur grotte de restitution pour mieux comprendre l’art pariétal du Paléolithique. 

S’il y a moins de Rhinocéros sur les parois de Lascaux, c’est peut-être parce qu’il y avait moins de rhinocéros dans l’environnement des artistes. Mais surtout, les rhinocéros laineux étaient plus présents dans la mythologie des hommes du paléolithique supérieur. Car les peintures que l’on voit, ce sont des illustrations de mythes et de légendes. Ce que les artistes préhistoriques représentent, ce n’est pas ce qui les entoure, ni un album de famille, mais des histoires qui se racontent. 

Chauvet et Lascaux : deux grottes séparées de 19 000 ans 

Ce qu’il faut également savoir, c’est qu’il y a plus de temps entre les grottes de Chauvet et de Lascaux qu’entre Lascaux, qui nous semble lointain, et nous. On pense souvent qu’elles sont contemporaines, or non. 

  • Chauvet : - 36 000 ans, 
  • Lascaux :  - 17 000 ans. 

Cela veut dire que, même si tout au long du Paléolithique supérieur (entre - 40 000 et -10 000), le bestiaire préhistorique est le même, il y a des différences en pourcentage des animaux que l’on trouve dans les grottes. 

  • A Chauvet, on a plutôt des mammouths, des lions, des rhinocéros laineux, des chevaux, et des cervidés. 
  • A Lascaux, on a plutôt, des aurochs, des bisons, des lions et des rhinocéros un petit peu, mais beaucoup moins qu’à Chauvet, parce que le temps qui sépare ces deux grottes a modifié les mythes.

Levi Strauss :

Les mythes ne meurent pas, ils se transforment.

Entre les deux grottes, on assiste à des modifications dans les histoires, et donc des changements dans les proportions d’animaux qu’on trouve dans les grottes, mais ce sont toujours les mêmes animaux. Et c’est compliqué à comprendre pour nous aujourd’hui parce que nous voudrions que tout change tout le temps. Or dans ces sociétés-là, il ne fallait surtout pas que ça change tout le temps, il fallait que ça reste stable. Les mythes qui régissent la société vont se transformer un peu mais ne changerons pas vraiment. C’est légèrement différent dans une continuité. C’est difficile à accepter car l’échelle de temps est énorme. On est sur un temps très long en termes de société, et de générations. 

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