Le Palais Garnier ou Opéra Garnier situé dans le 9ème arrondissement de Paris porte le nom de son architecte et fût inauguré le 5 janvier 1875 par un parterre d'officiels. Découvrons le lieu avec son résident le plus célèbre et le plus énigmatique né de l'imagination de l'écrivain Gaston Leroux : le Fantôme de l'Opéra.

La façade principale du Palais Garnier
La façade principale du Palais Garnier © ©Jean- Pierre Delagarde

L'histoire que nous allons vous conter mêle le fantastique des personnages à la réalité du lieu. Le personnage de Gaston Leroux, Erik alias "le Fantôme de l'Opéra" apparaît une première fois à partir de 1909 en feuilleton dans Le Gaulois avant de paraître en volumes aux éditions Pierre Lafitte en mars 1910 puis d'inspirer le cinéma dès 1925.

Bien des rumeurs et des mystères ont émané des dédales de l'Opéra Garnier ou Palais Garnier depuis les débuts de sa construction sous Napoléon III jusqu’à son inauguration sous la IIIème République par le président Mac Mahon le 8 janvier 1875.

Le Palais Garnier porte le nom du jeune architecte qui remporta le concours organisée par l’empereur en 1860. Charles Garnier, prix de Rome 1848 fût chargé de la construction d'une « Académie impériale de musique et de danse ».

Le choix de cet architecte ne plut pas à l'impératrice Eugénie, qui s'écria en voyant le projet : "Cela n'a pas de style ! Ce n'est ni grec, ni romain !" et Garnier répliqua :

Non, ces styles-là ont fait leur temps... C'est du Napoléon III, Madame ! 

Gaston Leroux s'est inspiré de légendes pour écrire son roman à mi-chemin entre fantastique et enquête policière, comme en 1907 où un cadavre d'une victime de la Commune de 1871 aurait été découvert en creusant dans les sous-sols de l'Opéra lors de l'enfouissement des voix phonographiées sur disques de cire. Mais l'actualité lui a également fourni de la matière afin d'enrichir son récit, comme ce 20 mai 1896 où lors d'une représentation du Faust de Gounod, l'un des contrepoids du grand lustre de la salle se décroche et tue une spectatrice. 

Autant d’événements - dans un contexte historique propice à alimenter l'imagination débordante d'un auteur plein de talent - qui offrent toute l'inspiration nécessaire à Gaston Leroux pour étoffer son histoire et créer le personnage énigmatique et diabolique de son roman "Le Fantôme de l'Opéra".

Erik apparaît alors sous les traits d'un musicien défiguré dissimulant, selon les versions, son visage sous un carré de soie noire ou un simple loup . Compositeur, chanteur et ventriloque, il hante l'Opéra Garnier et tourmente ses occupants : machinistes, régisseurs, danseuses et chanteuses. L'image familière d'un Fantôme masqué de blanc, nous le devons au cinéma car le blanc contraste davantage avec le noir sur l'écran.

La Fantôme de l’Opéra, couverture de l'édition originale, éditions Pierre Lafitte et Cie
La Fantôme de l’Opéra, couverture de l'édition originale, éditions Pierre Lafitte et Cie / © Bibliothèque de Rennes-Métropole

La salle principale de l'opéra

L'histoire se déroule en 1881 alors que l'Opéra se prépare pour une nouvelle création. Lors des répétitions, le metteur en scène transfère ses pouvoirs aux deux nouveaux propriétaires, Monsieur Firmin et Monsieur André et leur montre la scène.

Rejoignons Gérard Fontaine, auteur du livre "le Fantôme de l'opéra - Légendes et mystères au Palais Garnier" aux éditions du Patrimoine au milieu du parterre des fauteuils de la salle.

3 min

« Les deux directeurs entendent l’impossible voix qui dit : « Elle chante ce soir à décrocher le lustre ! » Extrait « Le fantôme de l’Opéra »

Par Franck Olivar
Vue du lustre depuis la loge numéro 5
Vue du lustre depuis la loge numéro 5 / Gérard Fontaine

La loge numéro 5

Le Fantôme est responsable d’événements dramatiques : le grand lustre s'effondre pendant une représentation et un machiniste est retrouvé pendu. Mais il ne se contente pas de ces tragiques exactions et réclame auprès des directeurs de l'Opéra une rente de 20 000 francs par mois et que la loge numéro 5 lui soit réservée. 

Entrons justement dans la fameuse loge numéro 5 en compagnie de Gérard Fontaine.

2 min

« Regardez dans la loge, il n’y a personne ? – eh bien quand nous sommes rentrés, nous avons entendu une voix qui disait qu’il y avait quelqu’un. » Extrait « Le fantôme de l’Opéra »

Par Franck Olivar
La porte d'entrée de la loge numéro 5
La porte d'entrée de la loge numéro 5 / Clair Morizet

La loge de Christine Daaé

Une jeune chanteuse nommée Christine Daaé est appelée à remplacer une diva malade, la Carlotta, éblouissante Marguerite dans le Faust de Gounod. Christine Daaé confie à son prétendant le vicomte Raoul de Chagny que, la nuit, l'Ange de la Musique l'appelle, l'inspire par son chant et visite fréquemment sa loge. 

Un mystère que Gérard Fontaine nous dévoile dans une des 80 loges individuelles réservées aux artistes.

3 min

« Il tâte la grande glace de la loge qui s’est ouvert un soir devant lui pour laisser Christine descendre au ténébreux séjour. » Extrait « Le fantôme de l’Opéra »

Par Franck Olivar

Le lac sous l'Opéra, demeure du Fantôme

Vous l'avez deviné l'Ange et le Fantôme ne sont qu'une seule et même personne. Le fameux Fantôme s'est réfugié dans un royaume souterrain sous l'Opéra, pour y composer une œuvre lyrique. Passionnément épris de la jeune Christine, il l'enlève et l'emprisonne dans son repaire des sombres profondeurs que Gérard Fontaine nous invite à découvrir après une visite à la machinerie d'origine, quelques mètres sous la scène.

3 min

« Je sais qu’il y a un lac sous l’opéra mais je ne sais quelle porte y conduit… » Extrait « Le fantôme de l’Opéra »

Par Franck Olivar
Affiche du film "The Phantom of the Opera" de Rupert Julian. Morgan, 1925
Affiche du film "The Phantom of the Opera" de Rupert Julian. Morgan, 1925 / © Alamy Stock

La bibliothèque-musée de l’Opéra (BMO)

Gaston Leroux aurait fréquenté et compulsé les archives de l'Académie nationale de musique. 

Est-ce un hasard si l'histoire se déroule en 1881, l'année même où les archives-bibliothèque de l’Opéra et le musée - sous l'impulsion du librettiste Charles Nuitter - ouvrent enfin au public ?

Il était donc tout naturel d'achever notre visite au sein de la bibliothèque-musée de l’Opéra (BMO) située au sein de l’opéra Garnier. 

Indépendante de l’Opéra de Paris, la BMO fait partie du département de la musique de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Avec Gérard Fontaine et Mathias Auclair directeur du département de la Musique de la Bnf, enquêtons afin de trouver des mentions du Fantôme ou de son auteur Gaston Leroux parmi les 600 000 documents conservés dont 100 000 livres, 1 680 titres de périodiques et divers, 30 000 livrets.

3 min

« Je serais un ingrat si je ne remerciais également sur le seuil de cette effroyable et véridique histoire, la direction actuelle de l’Opéra …qui m’a permis de puiser dans son admirable bibliothèque » Extrait « Le fantôme de l’Opéra »

Par Franck Olivar
la Bibliothèque-musée de l'Opéra
la Bibliothèque-musée de l'Opéra / Alain Goustard / BnF

Nous ne souhaitons pas vous dévoiler toutes les intrigues du roman "le Fantôme de l'Opéra" de Gaston Leroux et nous vous invitons à le lire ou le relire ainsi que le bel ouvrage de Gérard Fontaine "Le Fantôme de l'Opéra : légendes et mystères au Palais Garnier" aux éditions du Patrimoine

Sachez également que l'Opéra Garnier organise des visites guidées du lieu, pour en savoir plus c'est ici.

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