La justice internationale dira aujourd’hui si le général Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, est reconnu coupable de crimes contre l’humanité durant le conflit intercommunautaire qui a fait 100 000 morts dans les années 1992 à 1995. Mais chez lui, en Républika Srpska, son aura reste intacte.

En mai 2011, 2 000 personnes manifestent à Pale, en Républika Srpska, pour soutenir Ratko Mladic, arrêté la veille
En mai 2011, 2 000 personnes manifestent à Pale, en Républika Srpska, pour soutenir Ratko Mladic, arrêté la veille © AFP / ELVIS BARUKCIC / AFP

Des dizaines de victimes ont fait le voyage vers La Haye pour entendre le verdict à l’encontre de Ratko Mladić.

Pour l’ensemble du conflit, plus de 200 000 personnes ont été détenues dans des camps de sinistre mémoire qualifiés souvent de camps de concentration comme Omarska ou Prijedor.

Avant même le verdict du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Ratko Mladic est considéré par la majorité comme un "boucher", notamment pour le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica. Pourtant chez lui, en Républika Srpska, l'entité des quelque un million de Serbes de Bosnie, il reste une icône.

A Palé par exemple, qui fut, pendant la guerre de Bosnie, le quartier général des forces serbes qui assiégeaient Sarajevo sous les ordres de Ratko Mladic. A l’entrée de la ville, Momcilo Krajisnik, 72 ans, est propriétaire d’une station d’essence. L’homme n’est pas un citoyen lambda. Cet ancien responsable politique serbe a purgé 14 ans de prison à La Haye. Il s’étonne que Mladic soit traîné devant la justice internationale. 

C’est encore à Palé qu’une manifestation avait regroupé 2 000 personnes au lendemain de l’arrestation de Ratko Mladic en mai 2011. Dans son village natal de Bozanovici à l’Est du pays, où de nombreux monuments rendent hommage aux anciens combattants, un panneau indique même la "Rue Général Mladic".

Ratko Mladić sera le dernier responsable yougoslave jugé par le TPi. Créé en 1993 au plus fort des guerres de Bosnie et de Croatie, le tribunal doit fermer ses portes à la fin de l’année.

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