Il y a 80 ans, le général De Gaulle lançait à Londres son appel à tous les Français pour combattre l'occupation allemande. Quelques jours plus tard naissait le BCRA, le Bureau central de renseignements et d'action, l'ancêtre de la DGSE, qui continue d'inspirer ses agents, assure l'ex-patron du renseignement.

Le BCRA rassemblait un peu moins de 2 000 femmes et hommes en 1945. Il a permis de porter des coups directs à l'ennemi et d'assurer la liaison avec la Résistance.
Le BCRA rassemblait un peu moins de 2 000 femmes et hommes en 1945. Il a permis de porter des coups directs à l'ennemi et d'assurer la liaison avec la Résistance. © AFP / Dominique Viola

Pour l'ancien diplomate Bernard Bajolet, il n'y aucun doute : le Bureau central de renseignements et d'action est bien "le père biologique et spirituel de la DGSE, la Direction générale de la sécurité extérieure". "Il y a entre les deux une filiation directe", estime l'ex directeur de l'institution, de 2013 à 2017, pour qui le BCRA reste  une référence très importante.

Allier renseignements et action 

"Ce que nous avons hérité du BCRA", poursuit Bernard Bajolet, "c'est la combinaison de la recherche de renseignements avec l'action. Ces deux mots sont dans le sigle du BCRA, et [ils sont intégrés par] la DGSE."

"Il s'agit à la fois de rechercher des informations au service de la France mais aussi d'entraver des actions qui seraient menées contre notre pays. Et c'est exactement ce que fait la DGSE."

"Il y a également l'intégration du renseignement humain et technique. Car à l'époque de la Seconde Guerre mondiale, le BCRA avait déjà une capacité d'écoute et de déchiffrement. Cette caractéristique fait de la DGSE un service unique en France et en Europe."

Bernard Bajolet a été directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE), un des héritiers du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) créé par De Gaulle.
Bernard Bajolet a été directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE), un des héritiers du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) créé par De Gaulle. © AFP / ALAIN JOCARD

Cette unité, l'une des plus emblématiques de la France libre, rassemblait un peu moins de 2 000 femmes et hommes en 1945. Elle a permis de porter des coups directs à l'ennemi, tout en assurant la liaison avec la Résistance et la France libre au Royaume-Uni. 

Un instrument de souveraineté

Car sans le BCRA, la Résistance aurait sans doute été moins efficace. Il ne faut pas oublier que c'est le BCRA qui a unifié  la résistance rappelle Bernard Bajolet. Cela s'est concrétisé lors d'une mission d'André Dewavrin, alias colonel Passy, qui est considéré comme le premier directeur de la DGSE. Accompagné par Pierre Brossolette (un des 1 038 compagnons de la Libération) et d'un agent du SOE (Special Operations Executive), un des services de renseignement britanniques, les trois hommes sont parachutés en France pour unifier la Résistance.

Autre élément important, précise l'ancien ambassadeur, le BCRA a été un instrument de souveraineté qui a renforcé et aidé le général De Gaulle à s'imposer vis-à-vis des alliés. Aujourd'hui encore, la DGSE conserve cette fonction pour la France et le président de la République.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 43 agents du BCRA sont tombés en mission au service de la France. Pour ne pas les oublier et continuer d'honorer leur mémoire, chaque promotion de la DGSE porte le nom de l’un d’entre eux.

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