Le TGV express pour Poudlard... euh pardon pour Strasbourg partira de la voie 3 ! Seulement ce que les Moldus d'usagers que nous sommes ignorons, c'est qu'entre les voies 3 et 4 de la Gare de l'Est de Paris se cache, à quelques mètres sous le quai, un abri de défense active de la Seconde Guerre mondiale.

Un gros plan des impressionnantes portes antigaz fournies par l’entreprise Bauche : elles doivent assurer l’étanchéité de l’abri en cas d’explosion d’une bombe à gaz
Un gros plan des impressionnantes portes antigaz fournies par l’entreprise Bauche : elles doivent assurer l’étanchéité de l’abri en cas d’explosion d’une bombe à gaz © Sébastien Godefroy

Étrange expérience temporelle que de pénétrer dans cet abri comme si par un coup de baguette magique le temps s'était arrêté... un environnement confiné, à mi-chemin entre les coursives du Nautilus du capitaine Némo et les couloirs souterrains de l'école de Harry Potter. Il nous faut en effet remonter pratiquement une centaine d'années en arrière pour découvrir l'origine de ces abris : c'est dans les années 30 que le ministère de la Guerre décide d'aider à construire ou de faire construire, suites aux traumatismes des attaques au gaz de la Première Guerre mondiale, des abris dans Paris et notamment dans les grandes gares. 

Celui de la Gare de l'Est est le seul à nous être parvenu complet avec tout son équipement en lieu et place de sous-sols autrefois utilisés à l'acheminement des bagages vers les trains.

A ce propos revenons sur l'histoire de la gare de l'Est avec Marie Noëlle Polino, chargée des projets scientifiques au service Patrimoine et Mécénat à la SNCF, tout en cheminant sur le quai au départ des voies.

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Retrouvez Marie Noëlle Polino au début du quai des voies 3 et 4

Par Franck Olivar

Marie Noëlle Polino : "Notre bunker n'est pas un bunker, ce n'est pas une fortification mais un abri souterrain, non pas de défense passive mais un abri actif conçu pour protéger une activité essentielle qui doit se maintenir en cas d'attaque". 

A mi-voies, un interrupteur sécurisé et habilement dissimulé ouvre une trappe discrète qui, après avoir descendu quelques marches, vous conduit devant une imposante porte où vous retrouvez Marie Noëlle Polino.

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Soyez prêt à pénétrer dans l'abri avec Marie Noëlle Polino, votre guide...

Par Franck Olivar
La salle de travail de l'abri
La salle de travail de l'abri / SNCF - Sébastien Godefroy

L’abri comporte une dizaine de petites pièces sous trois mètres de plafond, 120 m2 en tout avec une température de 15°C en toute saison. Il était conçu pour accueillir 72 postes. Outre la salle de travail où les agents déterminaient les créneaux de circulation des trains, l’abri était équipé d’un standard téléphonique qui permettait de joindre d’autres abris et accueille une impressionnante salle des machines où vous retrouvez Marie Noëlle Polino.

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Marie Noëlle Polino vous présente la machinerie

Par Franck Olivar

Quelques inscriptions à peine lisibles car recouvertes témoignent de la période de l’occupation allemande après la défaite de 1940, exceptée une seule «Notausgang» (sortie de secours) pieusement conservée près de l’entrée. Faut-il y voir un clin d’œil des peintres patriotiques et facétieux ? 

Le système de ventilation de la salle des machines
Le système de ventilation de la salle des machines / SNCF - Sébastien Godefroy

L’abri de la Gare de l’Est est tombé dans un semi-oubli après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Visité et inventorié depuis, il fut avancé l'idée, dans les années 1970, de le transformer en abri antiatomique mais le projet fut abandonné.

L’abri ne se visite qu’exceptionnellement lors de la manifestation annuelle des JEP (journées européennes du patrimoine) qui auront lieu cette année le vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 septembre pour leur 36ème édition. 

Pour réserver, rendez-vous sur le site de la SNCF

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