Romans, « polars », magazines, films… les Templiers sont – encore – parmi nous !

Lorsqu’il mourut sur le bûcher le 18 mars 1314, le dernier Grand Maître des Templiers, Jacques de Molay, pensait certainement que s’éteignait avec lui l’ordre des pauvres chevaliers du Christ. Pourtant, quatre cents ans après, au temps de Voltaire et Rousseau, certains groupes secrets prétendirent être la survivance cachée de l’ordre du Temple injustement persécuté. Des Loges maçonniques affirmaient en effet que quelques chevaliers qui avaient échappé à la persécution s’étaient réfugiés dans la lointaine Écosse et avaient survécu jusqu’au XVIIIe siècle sous le voile de la franc-maçonnerie. Le mythe de la survivance secrète des Templiers était né.

Du 12 avril au 23 octobre, le musée de la franc-maçonnerie revient sur ce mythe et présente au public son exposition : Templiers et francs-maçons, de la légende à l’histoire. Le visiteur pourra découvrir cette Maçonnerie templière qui reste un des phénomènes les plus singuliers du siècle des Lumières et qui s’avère être une des sources du romantisme. Parmi les œuvres exceptionnelles et jamais exposées : un extraordinaire manuscrit enluminé de la Stricte Observance Templière allemande daté de 1775, des tabliers, objets rituels, épées et bijoux maçonniques, estampes, manuscrits ésotériques, etc. Dans le huis clos des Loges, les francs-maçons ont voulu restaurer les fastes de l’ordre du Temple.

« Une idée fausse est un fait réel », disent les historiens. Peu importe que la survivance des Templiers soit, ou non, une invention. En marge de l’orthodoxie des Églises et de l’histoire profane, la légende templière a créé un lieu accueillant aux spéculations les plus diverses. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, depuis trois siècles, dans la littérature ou dans les mouvements ésotériques, les Templiers abritent dans les plis de leurs grands manteaux, pour le meilleur ou − parfois − pour le pire, la « queste » des hommes qui, aujourd’hui comme hier, se sentent étrangers dans un monde trop profane.

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