Pour la première fois seront réunis au château royal de Blois les plus précieux des livres de François Ier, accompagnés d’une sélection d’objets d’art provenant eux aussi des collections royales. Sur les 140 pièces sélectionnées, près de 130 sont conservées à la Bibliothèque nationale de France : livres manuscrits et imprimés, reliures précieuses, gravures et dessins, monnaies et médailles, objets d’art et bijoux. Les autres oeuvres proviendront de grands établissements culturels français (Musée du Louvre) et internationaux, notamment américains (Metropolitan Museum of Art de New York, The Morgan Library and Museum de New York) ou encore de collections privées (Etats-Unis). Tout au long du parcours de l’exposition, les visiteurs pourront admirer nombre de chefs-d’oeuvre rarement présentés au public en raison de leur fragilité et de leur préciosité. C’est du reste la première fois que l’on tente de reconstituer la bibliothèque de François Ier de façon aussi ambitieuse. Beaucoup de volumes reviendront pour la première fois au château royal Blois depuis le XVIe siècle, ce qui ne manquera pas de susciter l’intérêt. Entre autres pièces exceptionnelles seront présentés les célèbres Grandes heures d’Anne de Bretagne enluminées par Jean Bourdichon ; les Heures de Louis de Laval enluminées par Jean Colombe, considérées comme le manuscrit le plus enluminé au monde avec près de 1200 miniatures ; une des vingt reliures brodées de la Renaissance encore conservées au monde ; la Bible de Robert Estienne, imprimée en 1540, et dotée d’une très précieuse reliure marquée du F royal ; ou des Évangiles carolingiens, datant du IXe siècle mais reliés par la suite pour François Ier. L’exposition sera construite autour d’ensembles de livres ayant une même origine ou un même contexte d’acquisition, permettant au public d’en saisir la richesse et la complexité : l’héritage de la famille Angoulême (Jean d’Angoulême et Marguerite de Rohan, grands-parents de François, Charles d’Angoulême et Louise de Savoie, ses parents, et enfin le jeune François d’Angoulême lui-même, futur François Ier) ; la bibliothèque royale de Blois ; la bibliothèque personnelle du roi ; l’héritage d’Anne de Bretagne et de Claude de France ; la saisie des livres de la famille de Bourbon ; la chapelle royale ; le rêve italien et oriental ; et enfin le cabinet privé du roi, totalement inédit. Le public découvrira ainsi de quoi était composée la « librairie » royale, tant la bibliothèque personnelle de François Ier que la bibliothèque royale institutionnelle, les types d’ouvrages qui s’y trouvaient, essentiellement des manuscrits, témoignant de la persistance du goût médiéval pour les grands formats luxueux des bibliothèques princières, mais aussi des incunables (ouvrages imprimés avant 1500), des imprimés témoins des recherches typographiques de la Renaissance et les différents types de reliures. La bibliothèque de François Ier, roi lettré, formée de textes grecs et latins, d’ouvrages techniques et pratiques, d’oeuvres littéraires et de livres de dévotion, illustre l’environnement culturel de la Renaissance, le goût et l’éducation d’un prince. Y avait-il une seule bibliothèque ou plusieurs, avec des contenus, des statuts et des visées différentes ?

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