Depuis le 7 novembre 2019, l'académie de France à Rome propose à la Villa Médicis, une exposition baptisée "Une Antiquité moderne" qui souhaite mettre en évidence la transmission des modèles esthétiques de la Grèce classique et hellénistique par la Rome impériale et redécouverts par les artistes au XVIIe siècle.

L'entrée de l’exposition "Une Antiquité moderne" à la Villa Médicis
L'entrée de l’exposition "Une Antiquité moderne" à la Villa Médicis © © Daniele Molajoli, Académie de France à Rome – Villa Médicis, 2019

"Une Antiquité moderne", titre pour le moins énigmatique pour une exposition que nous propose de découvrir l'Académie de France à Rome sous le commissariat d'Elisabeth Le Breton, conservateur du patrimoine au département des Antiquités grecques, étrusques et romaines au musée du Louvre et Jean-Luc Martinez , le président-directeur du musée du Louvre.

Elisabeth Le Breton a entrepris il y a 20 ans de réécrire l'histoire de la gypsothèque actuellement installée dans les Écuries du Roi à Versailles et qui abrite près de 5500 plâtres d’antiques conservés par le musée du Louvre et en 2018 grâce à un partenariat scientifique qui s'inscrit dans une collaboration entre le Louvre et la Villa Médicis, elle fait alors une découverte unique en son genre.

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Elisabeth Le Breton, commissaire de l’exposition "Une Antiquité moderne" à la Villa Médicis

Par Franck Olivar
La série des Niobides dont Le fils aîné, 1686-1687 qui  permit lors de sa restauration d’y découvrir gravée la date « 1686 »
La série des Niobides dont Le fils aîné, 1686-1687 qui permit lors de sa restauration d’y découvrir gravée la date « 1686 » / © Daniele Molajoli, Académie de France à Rome – Villa Médicis, 2019

Une première salle est dédiée à la technique du moulage à travers les siècles et permet de comprendre le développement de l’important commerce de la copie en marbre au IIe siècle après J.C grâce à la réalisation de modèles en plâtre.  

Le Tibre : l’original en marbre, a été réalisé d’après un marbre du IIe siècle apr. J.-C, cette cire en principe n’est jamais conservée car s’agissant d’une étape intermédiaire dans l’opération de moulage en bronze, elle est en principe fondue
Le Tibre : l’original en marbre, a été réalisé d’après un marbre du IIe siècle apr. J.-C, cette cire en principe n’est jamais conservée car s’agissant d’une étape intermédiaire dans l’opération de moulage en bronze, elle est en principe fondue / © Daniele Molajoli, Académie de France à Rome – Villa Médicis, 2019

Plus tard à la Renaissance, l'exhumation de sculptures romaines fait renaître en Italie comme en France la fascination pour cet art. Louis XIV  lance alors plusieurs campagnes de moulage de ces marbres rares et ainsi la salle des Antiques du roi, l'Académie royale de peinture et de sculpture accueillent ses plâtres et leurs moules et en 1666 l'Académie de France à Rome est fondée afin de jouer alors un rôle majeur pour leur diffusion tout en influençant les pensionnaires.

Au XVIIIe siècle, cette collection de plâtres sert d'une part à l'éducation des artistes pensionnaires mais également se veut l’expression de la puissance du royaume de France. Survint alors la découverte des sites de Pompéi et d'Herculanum ce qui renforce l’intérêt de cette collection visitable au palais Mancini alors siège de l'Académie de France à Rome.

Satyre ivre de Naples et Danseuses d’Herculanum, XVIIIe siècle, plâtres qui ont été réalisés d’après des bronzes découverts à Herculanum dans les années 1760
Satyre ivre de Naples et Danseuses d’Herculanum, XVIIIe siècle, plâtres qui ont été réalisés d’après des bronzes découverts à Herculanum dans les années 1760 / © Daniele Molajoli, Académie de France à Rome – Villa Médicis, 2019

Au XIXe siècle, Ingres alors directeur de l'Académie de France à Rome est missionné pour envoyer de la capitale Italienne des modèles Antiques prestigieux et grâce aux travaux des archéologues, à la création de l'Ecole Française d'Athènes en 1846 et à la possibilité des pensionnaires de se rendre en Grèce pour étudier ces modèles, l'aire Antique connait un intérêt sans précédent. Cet "engouement" pour ces modèles grecs n’efface pas l’intérêt que portent depuis le XVIe siècle, les français pour la sculpture moderne en Italie. Plusieurs souverains firent la demande de modèles en plâtre : François Ier pour un Michel Ange puis Louis XIV pour un Bernin.

Le Christ de la Pietà de Michel-Ange, 1881 Giuseppe Padovelli (mouleur) et Vierge dorée, XXe siècle
Le Christ de la Pietà de Michel-Ange, 1881 Giuseppe Padovelli (mouleur) et Vierge dorée, XXe siècle / © Daniele Molajoli, Académie de France à Rome – Villa Médicis, 2019

Puis au milieu du XXe siècle on assiste à une désaffection pour le plâtre et les modèles antiques à Paris comme à Rome qui accueille cependant en 1919 au sein de l'académie des modèles du Moyen Age endommagés pendant la guerre.

L'Académie de France à Rome à la Villa Médicis et le musée du Louvre restaurent avec cette exposition la mémoire de ces œuvres et présentent l'histoire de la transmission de ces modèles.

Depuis quelques années, la Villa Médicis offre à voir non seulement des expositions mais aussi des spectacles élaborés par ses pensionnaires. 

Pour en savoir plus sur l'exposition, c'est ici

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