Après avoir appris au début du mois la fermeture de leur usine du Loir-et Cher, des employés du groupe pharmaceutique spécialisé dans l'homéopathie se prennent à rêver d’un dégel de leur situation liée à de l’épidémie que traverse le pays.

L'homéopathie ne sera plus remboursée en France à partir de 2021. Un changement qui n'est pas sans conséquences...
L'homéopathie ne sera plus remboursée en France à partir de 2021. Un changement qui n'est pas sans conséquences... © AFP / Romain LAFABREGUE

C’était le 11 mars dernier. Il y a 15 jours. Autant dire une éternité, avant que le virus ne fasse tout basculer. Dans l’après-midi, ce jour-là, le couperet tombe pour les 67 salariés embauchés par Boiron à Montrichard (Loir-et-Cher). Le choc :  leur site va fermer. Les produits homéopathiques qu’ils fabriquent ne seront plus remboursés à partir de 2021.  

Puis, voilà que l’espoir se met à renaître dans l’esprit d’une poignée d’employés. Avec la crise du coronavirus, la France en manque de gel hydroalcoolique, les laboratoires Boiron sont sollicités : "Demande expresse de la direction générale de la Santé". Le site de Montrichard participe depuis cette semaine à la production, avec trois employés sur le pont pour assurer la chaîne. Le Plan de sauvegarde de l'emploi est lui suspendu. Les discussions remises à plus tard. 

Les syndicats veulent bien s’adapter…

Jusqu’ici, Montrichard ne produisait pas ce type de gel. "C’est bien la preuve qu’on peut adapter l’outil", commente Alain Cohard à la CFE-CGC. "Dans ce type d’industrie, ce n’est que le contenu qui change, pas le contenant. Et des bidons de 5 litres, ça, on en a plein !". 

Quant à la recette du gel, rien de plus simple. "Deux, trois produits à mélanger, on déverse ça dans les flacons et c’est prêt", abonde à la CFDT, Frédéric Degorre : "On veut bien se recentrer sur la production de gel. Si en plus ça peut nous éviter de vivre une nouvelle pénurie…" Et d’ajouter l’argument du stockage : "Avec nos entrepôts de 4 000 m2, on a de quoi entreposer 15 000 litres, s’il le faut !"

… mais "transformer le site n’est pas la priorité"

À la direction des laboratoires Boiron, toutefois, on ne veut pas "raconter d’histoires aux gens". Jean-Christophe Bayssat, directeur général délégué du groupe répond que "transformer le site de Montrichard n’est pas la priorité". Plutôt, évoque t-il les obligations des dirigeants liées à loi Florange qui leur impose de trouver un repreneur en cas de fermeture. "Boiron fera tout pour les salariés", conclut Jean-Christophe Bayssat, "mais pour l’instant, on gère la crise et on attendra d’en sortir avant d’évoquer la suite".

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