Dans la ville la plus touristique du monde, les hôtels ne font plus le plein. En l'absence des touristes étrangers, les établissements parisiens ont perdu près de 60% d'occupation, en moyenne. Dans le 8e arrondissement, aux abords des Champs Elysées, l'hôtel Plaza Elysée est presque vide.

Beaucoup d'hôtels parisiens ont renoncé à ouvrir cet été faute de réservations suffisantes
Beaucoup d'hôtels parisiens ont renoncé à ouvrir cet été faute de réservations suffisantes © AFP / Hans Lucas / Riccardo Milani

"On pourrait entendre une mouche voler", c'est le triste constat d'Isabelle Legros, patronne du Plaza Elysées depuis presque 22 ans. En juillet, l'hôtel affiche habituellement un taux d'occupation de près de 88%, mais cette année, le chiffre a dégringolé à 13%. "En cette saison on a en principe beaucoup de familles avec des enfants, la salle du petit déjeuner est pleine, il y a de la vie", raconte la patronne avec nostalgie. 

Une baisse de 60% d'occupation par rapport à juillet 2019

Si elle a décidé d'ouvrir l'hôtel, même à perte, c'est pour "être prêt, toujours, à dépanner le client et soutenir mes équipes, ne pas les laisser tomber", dit-elle. Mais l'effectif est tout de même réduit. Avec seulement six chambres occupées sur les 44 que compte l'établissement, Isabelle Legros a dû placer les trois-quarts de ses employés au chômage partiel : "je n'avais pas le choix il faut bien que je paie mon loyer"

"J'ai équipé les chambres de purificateurs d'air"

D'autant qu'elle n'a pas lésiné sur la dépense pour espérer faire revenir les touristes. "J'ai équipé toutes les chambres de purificateurs d'air, j'ai fait refaire le parquet pendant le confinement et je suis en train de changer toutes les caméras." Ces dépenses, il faudra bien les amortir, alors la patronne compte sur le mois de septembre. La plupart des hôtels du quartier ont d'ailleurs opté pour une réouverture à l'automne. "Moi j'ouvre à perte mais sinon je tournerai en rond", concède Isabelle, seule derrière le comptoir d'accueil, debout face à un tableau de clefs désespérément plein. 

Idéalement situé près de l'avenue des Champs-Elysées, l'hôtel d'Isabelle Legros n'affiche pourtant que 13% de taux d'occupation.
Idéalement situé près de l'avenue des Champs-Elysées, l'hôtel d'Isabelle Legros n'affiche pourtant que 13% de taux d'occupation. / LEGROS Isabelle

En plus de l'absence des touristes étrangers, Jean-Marc Banquet d'Orx, le président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) Île de France, souligne le manque à gagné crée par l'arrêt du tourisme des groupes de seniors, "ils sont encore dans un état de confinement, or, ce sont eux qui remplissaient les hôtels". Alors, pour aider les hôteliers au bord de la faillite, le syndicat a mis en place un cellule de soutien psychologique et continue d'appeler les propriétaires d'immeubles à réduire les loyers des hôteliers indépendants.

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