La "Ville Lumière" ne brille pas pour tout le monde : selon une étude publiée ce jeudi par Cadremploi, les cadres qui vivent et travaillent en Île-de-France rêvent de le faire presque n'importe où ailleurs. Le principal frein, c'est la peur de ne pas trouver les mêmes opportunités d'emploi ailleurs...

Un orage sur Paris le 29 mars 2015
Un orage sur Paris le 29 mars 2015 © AFP / Robin Fourré / Biosphoto

Désolé de briser un mythe, mais tout le monde ne voit pas la vie en rose à Paris. Les cadres, notamment, se verraient bien ailleurs : parmi ceux interrogés par Cadremploi, plus de 8 sur 10 envisagent "certainement" ou "peut-être" de partir pour une autre ville ou une autre région. Seuls 18  % d'entre eux n'ont aucune envie de bouger pour l'instant. Inquiétant quand on sait qu'un cadre français sur deux travaille à Paris (et 40 % en banlieue).

Il faut dire que le taux de satisfaction n'est pas brillant non plus. Plus de la moitié des personnes interrogées ne sont pas satisfaites de leur vie parisienne ou en banlieue.

Pourquoi un tel désamour ? Ceux qui souhaitent partir citent d'abord la vie trop stressante dans la capitale, mais aussi le coût de la vie (c'est même le premier argument de départ pour les 25-35 ans), les temps de transports bien trop longs (ils sont 7 sur 10 à passer plus d'une heure par jour dans les transports pour aller au travail et en revenir), la pollution ou les loyers trop élevés. Les 25-35 ans citent aussi très souvent l'envie d'élever ses enfants loin de la capitale.

Il faut dire que lorsqu'on demande à l'ensemble des 1302 cadres interrogés quels termes ils associent à Paris, ceux qui reviennent le plus souvent sont négatifs : pollution (71 %), stress (69 %), embouteillages (67 %), agitation (40 %), saleté (36 %)... Côté positif, ils citent tout de même la culture (à 57 %), l'effervescence (36 %) ou la vie sociale (30 %). Paris est "la plus belle ville du monde" que pour 27 % des cadres qui y travaillent.

Partir, un pas difficile à franchir

On pourrait se demander pourquoi les cadres français ne quittent donc pas massivement cette ville qu'ils jugent polluée, trop chère et stressante. Une raison simple : leur travail. Presque 70 % des personnes interrogées se disent satisfaites par leur emploi dans la capitale. C'est d'ailleurs, le plus souvent, la raison qui les a fait arriver à Paris : 35 % évoquent le fait d'y trouver plus d'opportunités professionnelles, 27 % ont commencé leur carrière sur place, 19 % y étaient nés de toute façon.

Sur les 82 % de cadres qui envisagent de partir, 29 % sont en train de le faire, 54 % y réfléchissent sérieusement, et 17 % n'osent pas franchir le cap. Et ce qui les freinent le plus souvent, c'est justement la peur de ne pas retrouver un emploi, ou que leur carrière stagne une fois installés en province.

Pour aller où ? À Bordeaux, Nantes ou Lyon en priorité...

Les cadres souhaitant quitter Paris plébiscitent des villes moyennes (à 53 %), bien plus que les métropoles (31 %) ou la campagne (12 %). Logique donc que les villes les plus souvent citées soient Bordeaux (54 %), Nantes (48 %) et Lyon (34 %), loin devant Aix-Marseille, Toulouse, Rennes, Montpellier, Nice, Tours ou Lille.

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