david bowie
david bowie © Radio France

David Bowie est un très grand lecteur aux choix éclectiques. Alors que se déroule la grande exposition Bowie is à la Philarmonie à Paris, imaginons qu'il se soit faufilé incognito dans les allées du Salon du Livre.

Il aurait sûrement cherché Martin Amis, Julian Barnes, Sarah Waters ou les Folio de Camus ou Jean Genet et Flaubert.

On dit de lui qu'il lit un livre par jour. David Bowie is , comme le dit l'expo à la Philarmonie, musicien, compositeur, artiste génial, peintre, poète quand il est malade. En général, quand on demande à une célébrité ses livres préférés on en sort une dizaine, comptant souvent des grands classiques. Avec Bowie, c'est la forêt amazonienne de l'érudition qu'il faut parcourir avec un top 100 époustouflant par son éclectisme.

Bien sûr des ouvrages consacrés à la musique, de Greil Marcus , grand critique rock américain, à John Cage , fondateur de la musique sérielle (et particulièrementSilence de John Cage) sont dans ce best of livresque.

Bowie livres camus
Bowie livres camus © Radio France

Pour les romans, on a échappera pas à Sur la route de Jack Kerouac , mais il est aussi lecteur du Guépard de Lampedusa. Les auteurs américains Saul Bellow et Don DeLillo par exemple ne surprennent pas plus que Bruce Chatwin et Hubert Selby Jr et son Last exit to Brooklyn .

Pour l'acteur de Furyo, la lecture de Mishima n'est pas surprenante, en revanche retrouver Les chants de Maldororde Lautréamont,Madame Bovary de Flaubertou L'Etrangerde Camus sur sa table de chevet est beaucoup plus inattendu pour un artiste qui n'est pas spécialement francophile.

Mais on touche les sommets de l'éclectisme quand on croise dans sa bibliothèque, un texte sur les évangiles gnostiques à un essai sur les rosicruciens, des livres d'anti psychiatrie et la schizophrénie, des essais d'Histoire notamment sur la Russie, sur le Berlin des années 20 qui lui a inspiré sa période White Duke dans l'album Station to Station (Berlin Alexanderplatz d' Alfred Döblin ). Beaucoup d'essais critique sur l'histoire sociale des Etats-Unis, des ouvrages féministes, car oui David Bowie, dans son top 100 cite une moitié d'ouvrages signés par des femmes.

bowie livre conjuration des imbéciles
bowie livre conjuration des imbéciles © Radio France

Bowie aurait-il de l'humour ? il a en tout cas dans ses rayons le roman humorisitique de John Kennedy O'Toole, La conjuration des imbéciles , mais aussi aux romans de Martin Amis , comme Money, money , dans lequel un réalisateur de films de pub est accro à l'alcool, au porno et à un certain nombre de substances.

Les fans de George Sand aimeront se souvenir, que, comme Rod Stewart ou Elton John, il a enregistré au Château d'Hérouville qui a abrité les amours de George Sand et Frédéric Chopin. C'était pour l'album Low .

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Bowie s'interesse aux études politiques de Georges Orwell

bowie livre boulgakov
bowie livre boulgakov © Radio France

Il y a visiblement chez Bowie un réel intérêt pour les questions sociales car outre les livres d'Histoire déjà cités, il faut note que LeMaître et Marguerite de Boulgakov, considéré comme l'une des oeuvres majeures de la littérature russe du XXe siècle, a également ses faveurs. C'est une histoire d'amour autant qu'une critique sociale raconté à la manière d'un conte.

Plus parlant encore est le goût de David Bowie pour trois livres de Georges Orwell, en particulier des livres concernant la politique.

1984, Dans le ventre de la baleine et Le quai de Wigan , deux études sur la vie sociale et politique dans l'Angleterre des années 30, dans lesquelles Orwell s'interroge sur le manque de succès de l'utopie socialiste.

Pour l’album Diamond Dogs en 1974, Bowie est inspiré par l’univers de l’un de ses livres préférés :1984de George Orwell . Dans cet album on découvre la ville oppressante d'Hunger City, dans laquelle habite la nouvelle incarnation de Bowie, Halloween Jack .

Bowie Halloween Jack
Bowie Halloween Jack © AVRO

Bowie aimerait faire une comédie musicale, presque un « rock opéra ». L’idée est rejetée par la veuve d’Orwell, et il est donc impossible pour Bowie d’incarner l’univers de 1984 en musique. Choquée par l’adaptation de 1984 au cinéma en 1955, elle refuse toutes demandes d’adaptation.

Le chanteur concerve donc d'Orwell l'idée générale, l'ambiance et se sert seulement de quelques références, afin d’éviter toute action légale de la part de sa veuve. Parmi ces références se trouvent les morceaux We are the Dead , 1984 , et Big Brother .Il n’existe dans Diamond Dogs qu’une seule citation explicite du livre 1984 ; elle se trouve dans la chanson We are the Dead, prononcée par le protagoniste du livre Winston Smith, peu avant qu’il ne soit arrêté par la Police de la Pensée, et ne se soumette définitivement au pouvoir. Cependant, l’existence des références et d’influences est incontestable ailleurs dans l’album. Véritable « hommage au pouvoir », la chanson1984 exprime les dangers d’une puissance inconnue, sans visage, qui menace de tout contrôler et « vider » toutes personnes de pensées personnelles (« They’ll split your pretty cranium, and fill it full of air »).

Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France, Léopold Tobisch de la Documentation musicale de Radio France

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Fresque murale représentant David Bowie, 29 août 2014, Londres, Grande-Bretagne.
Fresque murale représentant David Bowie, 29 août 2014, Londres, Grande-Bretagne. © FACUNDO ARRIZABALAGA/EPA/Newscom/MaxPPP
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