François Hollande, première journée de la COP21
François Hollande, première journée de la COP21 © Zhou Lei/Xinhua Press/Corbis

François Gemenne, chercheur en sciences politiques, explique au micro de Nicolas Demorand :

On a beaucoup dit“Copenhague, c’était la conférence de la dernière chance” . Mais c’était effectivement la conférence de la dernière chance pour limiter le réchauffement à 2°C ! Et on sait que cette dernière chance,on l’a gâchée .

Aujourd’hui, nous sommes sur un scénario d’un réchauffement qui atteindrait au moins 4°C d’ici la fin du siècle - et donc qui serait catastrophique.

On pense souvent qu'il nous faut de nouvelles technologies, de nouvelle solutions, pour réussir à atteindre cet objectif de 2°C maximum de plus d'ici la fin du siècle. Ça peut aider bien sûr mais la réalité est que ces technologies, nous les avons déjà ! Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est les rendre accessibles, notamment en Afrique.

Ça passe beaucoup par les subventions. Aujourd’hui, les énergies fossiles sont subventionnées sept fois plus que les énergies renouvelables.

Les éoliennes au village allemand de Feldheim, 21 février 2013
Les éoliennes au village allemand de Feldheim, 21 février 2013 © Reuters

Si on parvient à renverser ce rapport de force dans les subventions, on peut rendre les énergies renouvelables accessibles à toute le monde, bien au-delà d’un petit village allemand (Fendheim). Copenhague a amorcé cette transition ces dernières années. C’est juste une question de volonté politique .

Cette volonté politique se retrouve à plus grande échelle, dans l'une des plus grandes puissances mondiales : la Chine.

Shanghaï étouffée par un brouillard fortement pollué
Shanghaï étouffée par un brouillard fortement pollué © Imaginechina/Corbis

La pollution atteint ces dernières années des niveaux extraordinaires dans les villes, et l’environnement est devenu un problème de société . De ce fait, il est devenu un sujet politique car capable de déstabiliser le pouvoir. Pékin a lancé l'un des plus vastes projets écologiques au monde : la grande muraille verte , une bande de 4500 kilomètres de forêts au nord de la Mongolie intérieure. Et si un grand pollueur comme la Chine commence à changer de position sur le climat... Tout est, peut-être, encore possible.

Une forêt repousse l'avancée du désert de Tengger en Mongolie intérieure (Chine)
Une forêt repousse l'avancée du désert de Tengger en Mongolie intérieure (Chine) © Imaginechina/Corbis
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