Les ministre de l'Intérieur, de la Défense et le Premier ministre auprès de forces de police
Les ministre de l'Intérieur, de la Défense et le Premier ministre auprès de forces de police © MaxPPP

L’état d’urgence décidé par le chef de l’Etat ce vendredi entraîne plusieurs mesures d’exception pour l’ensemble du territoire. Parmi elles, une disposition pour la dissolution des mosquées radicales sera étudiée prochainement en conseil des ministres, a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

"L'état d'urgence, c'est la volonté, à travers la prorogation et la révision de la loi de 1955, de pouvoir de façon ferme et déterminée procéder à l'expulsion de ceux qui doivent être expulsés parce qu'ils prêchent la haine en France, qu'ils ont été engagés ou qu'on soupçonne l'engagement dans des actions à caractère terroriste", a déclaré le ministre de l’Intérieur.

Dissolution des "mosquées et associations radicales"

"Ça veut dire aussi, j'ai engagé des démarches en ce sens et il y aura une délibération en conseil des ministres, la dissolution des mosquées dans lesquelles des acteurs appellent ou profèrent la haine. Tout cela doit être mis en œuvre dans la plus grande fermeté", a-t-il expliqué.

Ce lundi matin, Manuel Valls a ajouté que certaines "assocaitions radicales" pourraient être fermées.

Bernard Cazeneuve a également rappelé "l'augmentation très significative des moyens" des services de renseignement avant même les attentats de vendredi, avec notamment "1.500 emplois créés", "près de 233 millions d'euros investi s" et "des nouvelles dispositions législatives".

Etat d’urgence plus large et plus long

Dimanche, le président de la République a annoncé aux responsables parlementaires qu'il souhaitait que l'état d'urgence dure trois mois et voie son périmètre modifié. Ce mercredi un projet de modification de la loi de 1955 sur l'état d'urgence sera étudié pour en revoir le "périmètre" et la "durée" , actuellement limitée à 12 jours sans vote du Parlement.

L'état d'urgence permet aux autorités "d'interdire la circulation des personnes" et d'instituer "des zones de protection ou de sécurité" où le séjour des personnes est réglementé, selon la loi de 1955, qui a instauré cette procédure exceptionnelle au début de la guerre d'Algérie.

Dans un autre décret, des dispositions spécifiques s’appliquent "à l'ensemble des communes d'Ile-de-France", comme la possibilité d'assigner à résidence toute personne "dont l'activité s'avère dangereuse pour la sécurité et l'ordre public", d'ordonner lafermeture provisoire de salles de spectacle ou encore la confiscation de certaines catégories d'armes.

Ce même décret permet aussi "la possibilité de procéder à des perquisitions administratives" en Ile-de-France.

L'état d'urgence n'a été décrété que deux fois depuis la guerre d’Algérie: en 1985, en Nouvelle-Calédonie, et en 2005, lors des émeutes dans les banlieues, à l'initiative du gouvernement de Dominique de Villepin.

Lieux publics sous surveillance

Les musées, salles de spectacles et les établissements publics culturels d'Ile-de-France, fermés suite aux attentats dans la capitale, rouvrent ce lundi à 13 heures. Les établissements scolaires ouvrent leurs portes ce lundi. Les sorties scolaires sont interdites jusqu’au 22 novembre.

L'ensemble des services de police de Paris et des départements limitrophes ont été mobilisés en région parisienne avec le recours à 5,5 compagnies de CRS supplémentaires. Les contrôles aux frontières ont été rétablis et les partenaires européens devraient intensifier les contrôles des passagers voyageant vers la France en train ou par avion.

Dispositifs policier et militaire

Les ports, axes routiers et les gares RER, frontalières ou internationales, sont aussi sous surveillance. « 230 gendarmes en renfort "ont été mis à la disposition de la préfecture de police (de Paris) et deux sections du GIGN sont pré-positionnées", a expliqué le ministre.

" 1.000 militaires supplémentaires, essentiellement en Ile-de-France, qui patrouilleront dans Paris dans les prochains jours" en renfort de l'opération Sentinelle, a annoncé le gouvernement.

Les renforts militaires s'ajoutent "aux 30.000 policiers, gendarmes et militaires engagés depuis plusieurs mois à la protection de 5.000 lieux sensibles sur l'ensemble du territoire, dans le cadre du plan Vigipirate.

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