Comme Gérard Depardieu, j'ai beaucoup compté sur le soutien de la Russie
Comme Gérard Depardieu, j'ai beaucoup compté sur le soutien de la Russie ©

Bon, d'accord, c'était dans un jeu en ligne. N'empêche qu'en 60 jours virtuels, à la tête de mon propre Quai d'Orsay, j'ai fait mieux que Laurent Fabius, Ban Ki-moon, et Barack Obama réunis.

se définit lui-même comme un créateur de fictions interactives. Et c'est à peu près tout ce qu'on sait sur lui, le bonhomme étant très discret (voire imaginaire).

Sa dernière création est ce qu'on appelle un "serious game", un de ces jeux qui vous permettent de gérer des situations réalistes pour mieux les comprendre. Il vous met dans la peau du ministre des Affaires étrangères, empêtré en pleine crise syrienne. Les diplomates du monde réel s'arrachent les cheveux pour trouver un compromis sur le sujet : c'est désormais votre propre mission. Pour ce faire, vous disposez de 62 jours, ou plutôt de 62 clics.

Au moins, j'ai empêché que ce soit pire...

Chaque fois, il faudra choisir : prendre parti pour Bachar al-Assad ou pour les rebelles ? S'allier avec Barack Obama ou Vladimir Poutine ? Organiser une visite officielle en Iran ou en Turquie ? Chaque choix améliore (ou non) vos rapports avec l'une des forces en présence, et améliore (ou non) la situation de tension internationale.

Certes, le ton du jeu semble bien léger face aux dizaines de milliers de morts provoqués par cette guerre civile qui s'éternise depuis deux ans. Mais il a le mérite de faire comprendre très simplement à quel point la situation géopolitique autour du conflit est complexe... et quasi insoluble. On peut même soupçonner Fibre Tigre de n'avoir tout simplement prévu aucune fin "heureuse" à son jeu.

À la fin de ma partie (elle s'est achevée en quelques minutes), la situation était toujours aussi catastrophique en Syrie, mais les relations étaient à peu près apaisées avec tout le monde. Non sans cynisme, le jeu m'a félicité d'avoir, au moins, empêché que ce soit pire. Et d'avoir fait oublier aux Français qu'ils avaient une politique étrangère.

Moi ministre des Affaires étrangères, je n'ai pas servi à grand chose. Vous pensez pouvoir faire mieux ? Lancez-vous, mais attention, ce ne sera pas facile...

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image lien émission netplusultra © Radio France
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