"Pas blessé" parce que jusque là, les blessures ne l’avaient (vraiment) pas épargné. À tel point que de nombreux observateurs commençaient très sérieusement à douter de lui. Pas de son potentiel, évident, mais de sa capacité à transformer ses incroyables qualités athlétiques en médailles internationales. Et puis donc, il y a eu la Suède, cette minuscule ligne droite boulottée avec envie par le Parisien, sans doute le premier vrai déclic de sa carrière.

Guy Ontanon, entraîneur de Jimmy Vicaut
Guy Ontanon, entraîneur de Jimmy Vicaut © Radio France / Franck Ballanger

Avant, à l’été 2011, alors qu’il n’avait que 19 ans, le Parisien avait bien atteint la finale des mondiaux à Daegu, en Corée du Sud. Pour l’occasion, il était d’ailleurs devenu le deuxième junior de l’histoire à atteindre une finale mondiale sur 100 mètres après le Trinitéen Darell Brown en 2003 à Paris. Mais en 10 secondes et 27 centièmes, Vicaut avait du se contenter de la sixième place de cette finale. Surtout, il avait du se résoudre à jouer les spectateurs. Quatre ans plus tard, Jimmy Vicaut était de retour en finale des mondiaux. Sur le papier, il a fait moins bien avec une huitième place en Chine. Mais la manière était bien meilleure : la manière et le chrono ! Le champion d’Europe a joué avec les grands dans cette finale. Il termine ainsi dans le même centième que deux monstres du sprint mondial : le Jamaïcain Asafa Powell, l’ancien recordman du monde et Tyson Gay, l’Américain, triple champion du monde (100, 200 mètres et relais 4 X 100 mètres) à Osaka, au Japon en 2007.Évidemment, Jimmy Vicaut peut regretter de ne pas avoir couru dans les temps de son record d’Europe établi au stade de France début juillet : 9 secondes et 86 centièmes ! Avec ce chrono, le français aurait pris la médaille de bronze. Celle qu’il espérait devant les deux caïds. Mais puisque Bolt a 30 ans et Gatlin 33, Vicaut et ses 23 ans vont retenter leur chance et dès l’année prochaine à Rio, aux Jeux Olympiques. Une chose est sûre : à Pékin, Jimmy Vicaut a prouvé qu’il était bien devenu celui qu’il voulait devenir : "un athlète professionnel"…

Pour Guy Ontanon, l'entraîneur de Jimmy Vicaut, le Français est un athlète atypique. "il n'est pas Bolt" dit-il au micro de Franck Ballanger.

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