Les otages enlevés à Arlit à leur arrivée en France
Les otages enlevés à Arlit à leur arrivée en France © MaxPPP

Quand un ancien agent de la DGSE raconte la face sombre de la libération de quatre otages d'AQMI en 2011... Jean-Marc Gadoulet estime avoir été injustement écarté des négociations et assure qu'il aurait pu résoudre l'affaire deux ans plus tôt.

C'est un contentieux inédit qui raconte une partie des dessous de la libération des otages au nord du Mali, en octobre 2013 : un contentieux financier oppose aujourd'hui Areva et Vinci à un ex-agent de la DGSE, Jean Marc Gadoulet, et ses deux guides touaregs. L'un d'eux est même venu à Paris en fin de semaine dernière.

Jean Marc Gadoulet affirme qu'il aurait pu libérer tous les otages deux ans plus tôt... Si on n'avait pas saboté sa mission de négociateur du côté de Paris. Une accusation appuyée par le témoignage exclusif de Françoise Larribe, ex-otage libérée justement deux ans avant son mari Daniel.

Les explications d'Emmanuel Leclère et les témoignages de Jean-Marc Gadoulet et Françoise Larribe

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Jean-Marc Gadoulet assure qu'il aurait pu agir plus vite

Jean-Marc Gadoulet l'a surnommé le club de novembre : quelques personnes en France qui l'auraient empêché en novembre 2011 d'aboutir à la libération des quatre derniers otages détenus par l'un des chefs d'Al Qaeda au Maghreb islamique, Abou Zeid. L'ancien colonel du service action de la DGSE, mandaté par Vinci et Areva, avait pourtant obtenu la libération de Françoise Larribe huit mois plus tôt.

Son identité est alors rendue publique, mais pas pour le remercier. Son rôle est désormais qualifié de trouble, on l'accuse même d'avoir fait monter les enchères, d'où une menace à peine voilée d'une plainte au pénal.

Pourquoi a-t-on fait ça ? Pourquoi cette cabbale contre moi alors que je m'apprêtais à monter pour libérer les quatre otages ? Pour le moment, je n'accuse personne. Pour le moment.

Pour Jean-Marc Gadoulet, c'est cette polémique qui avait incité François Hollande à changer de négociateur, en l'occurence un proche du président du Niger. Il assure pourtant qu'il était à deux doigts d'obtenir la libération des quatre otages, dont celui de Daniel Larribe.

Son épouse Françoise revient pour la premiere fois sur cet épisode très sensible de cette affaire

Comment ne pas être navrée que ça dure trois ans alors que la libération aurait pu être effective bien avant ? Ils avaient été regroupés tous les quatre, alors qu'ils étaient jusqu'ici séparés deux par deux, ils pensaient être libérés. [Jean-Marc Gadoulet] était sur le terrain. Et il était très actif.

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"Jean-Marc Gadoulet est l'acteur principal, le pivot de ma libération"

L'ancien directeur de la DGSE, Alain Juillet, confirme lui aussi les risques insensés pris par Gadoulet dans les montagnes des Ifoghas au nord du Mali pour aller négocier directement avec l'ancien chef d'AQMI Abou Zeid.

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Gadoulet, c'est un freelance, c'est quelqu'un qui travaille seul avec ses équipes

Les époux Larribe et d'autres acteurs clés de ce dossier pourraient bientôt évoquer le rôle de Jean-Marc Gadoulet dans les deux années qui ont suivi, entre nov 2011 et octobre 2013. Une période où il n'a pas été payé par Areva et Vinci, d'où un contentieux financier de plusieurs centaines de milliers d'euros pour l'ex-agent de la DGSE et ses deux guides touareg.

Vinci et Areva n'ont pas souhaité s'exprimer sur ce dossier, aujourd'hui aux mains de leurs avocats.

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