Connaissez-vous la Ruche qui dit oui ? C’est un site internet qui propose de “Manger mieux, manger juste”. Un beau programme... L’idée est d’utiliser les principes de base des réseaux sociaux pour favoriser les échanges directs entre consommateurs et producteurs locaux. Le producteur est mieux payé, le consommateur reçoit un produit de qualité et traçable, sans faire exploser sa dette carbone. Le tout dans une bonne ambiance. Le projet fête l’anniversaire de la création de sa 1e ruche le 21 septembre, l’occasion pour nous de revenir sur cette nouvelle forme d’e-commerce.

Comment ça marche, exactement ?

Quoi de neuf par rapport aux marchés et aux AMAP ?

Après tout, consommateurs et producteurs se rencontrent sur les marchés depuis fort longtemps, les AMAPs proposent des paniers de produits bios depuis 2001, et ce n'est pas le premier site internet à proposer de supprimer les intermédiaires dans la chaîne alimentaire (il y a par exemple Producteurs de ma région ou Consommer local).

La différence, c'est que la Ruche qui dit oui propose des marchés temporaires où consommateurs et producteurs se rencontrent, parlent des produits, échangent des recettes ... "Ici, tout le monde a le sourire", témoigne Corinne Cobson, bénévole pour la ruche de la Gaîté Lyrique à Paris. Pour Lionel, responsable de cette ruche, "nous sommes pressés toute la journée, compressés dans les transports en commun, préoccupés par notre travail, la tête dans le guidon. A la ruche, les gens sont disponibles, l’ambiance est chaleureuse, bienveillante. Ça peut ressembler à une bande d’heureux hippies , mais c’est vraiment ça !"

Autre élément qui participe certainement à cette ambiance bon enfant : aucun argent n'est échangé sur ces marchés car les produits ont été payés préalablement sur Internet, et que seules les personnes qui ont passé commande peuvent venir les prendre - impossible pour les curieux qui passent par là d'acheter quoi que ce soit car les quantités sont limitées à ce qui a été prévu sur le site internet : le gaspillage est évité.

Un credo : proposer des produits de qualité et locaux

Avis de locavore
Avis de locavore © DR <a target="_blank" href="https://plus.google.com/111227932029231662171/posts/DQ3yNUyXqXJ" target="_blank">La Ruche qui dit oui</a>

L’origine des produits est limitée à un rayon de 250 km autour de la ruche, ce qui permet de participer à la réduction des gaz à effet de serre et de soutenir l’économie locale . Respecter les saisons est une façon simple de réduire notre empreinte écologique puisqu'un kilo de haricots verts cultivé dans votre région nécessite près de douze fois moins d’énergie pour sa production et son transport que s’il est produit en Afrique et acheminé par avion... [A noter pour les curieux que se déroule actuellement en Ile-de-France la fête Mangeons local ]

Et puis l’essentiel est là : “on trouve ici des produits de qualité, des tomates qui ont du goût, des courgettes qui ne sont pas pleines d’eau” explique Corinne. Les légumes sont bios ou le fruit d’une agriculture raisonnée, les animaux sont élevés en plein air . Et puisque consommateurs et producteurs se rencontrent, quand l’un rencontre un problème sur un produit, il en parle - et la fois suivante, on le dédommage.

Un consommateur sur
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Et ça marche ?

Il y a deux ans, une première ruche était créée au Fauga, en banlieue toulousaine. Depuis, la Ruche qui dit oui a réussi à créer partout en France 300 ruches , 125 nouvelles sont actuellement en construction, et le projet commence à essaimer en Europe : une ruche débute aujourd'hui à Bruxelles , d'autres devraient voir le jour d'ici la fin de l’année en Espagne et en Allemagne.

Carte des ruches qui disent oui en France
Carte des ruches qui disent oui en France © DR La Ruche qui dit oui

Pour Lionel, cet engouement est lié à l’attachement historique des Français pour l’art culinaire. Auquel il faut ajouter, sans doute, la peur liée aux scandales alimentaires dans les supermarchés : de la viande impropre à la consommation, les deux tiers des produits proposés au final gaspillés...

Pour autant, Lionel reconnaît que “les ruches ne remplaceront sans doute jamais les supermarchés” . L’offre ne pourrait pas être suffisante pour tous, et les échanges entre consommateurs et producteurs ne seraient certainement pas de la même qualité avec dix personnes qui attendent derrière un client trop bavard. A la ruche de la Gaîté lyrique, ce sont 200 clients et 25 producteurs qui viennent en moyenne chaque semaine. Le producteur de l’E.A.R.L. “Ferme des vallées” (basée à Auvers-sur-oise) a reçu commande pour “grosso modo 60 clients ce soir”.

Vous trouverez sur le site officiel la liste des ruches qui disent oui >

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