Patrick Grivaz
Patrick Grivaz © Radio France/Christophe Abramowitz

Le drapeau à damiers va aujourd'hui saluer la fin d'une carrière radiophonique monumentale. A l'âge de 62 ans, Patrick Grivaz, spécialiste d'automobile et de rugby a choisi de tirer sa révérence, de raccrocher les crampons, de lâcher le volant.

Le sportif, quand il a des confidences à faire, il les fait plus à ce style de journaliste, à ce style d'homme, qu'à d'autres

La citation est d'une légende du sport français, l'ancien arrière de l'équipe de France de rugby, Serge Blanco . Et le style, comme le disait le naturaliste Buffon, c'est l'homme.

Les "clients" habituels de Patrick, joueurs de rugby ou pilotes automobiles pour l'essentiel, ont tous ce respect pour l'homme : intraitable sur ses convictions et capable des critiques les plus dures, toujours viriles mais correctes, grâce à sa connaissance profonde de la langue dont il est, à France Inter, un des plus ardents défenseurs, et qu'il sait manier comme une arme de dérision massive.

La facilité, dans le domaine du journalisme de sport, c'est de sombrer dans l'idôlatrie des champions. Mais la facilité ne fait pas partie du vocabulaire de Patrick, de sa manière d'être. Ce qui fait que, s'il n'a donc pas eu d'idoles, il s'est taillé de solides amitiés, même parmi les stars, comme Jean-Pierre Rives, qui décrit "un merveilleux copain ".

Travailleur acharné, il sait que comme le professait Thomas Edison

Le génie, c'est un pour cent d'inspiration et 99 pour cent de transpiration

Quand on considère le nombre et la qualité de ses inspirations, on se dit que les 99% de transpiration dans toute sa géniale carrière, ont du représenter quelques centaines d'hectolitres... et de décibels. Lors d'un grand prix de Formule 1 où il s'était particulièrement illustré dans les commentaires délivrés aussi vite que les voitures défilaient sous ses yeux, il a été applaudi à la fin de la course par ses collègues mêmes, admiratifs de sa performance.

Bon camarade, il a toujours su accueillir les jeunes journalistes pour guider leurs premiers pas, avec bienveillance et sans complaisance, ce qui en fait aussi un des confrères les plus appréciés des tribunes de presse, du Tournoi des VI nations aux plus prestigieux circuits automobiles.

A l'annonce de son prochain départ, un de ses confrères a pu saluer

Le premier journaliste à très haut débit de l'histoire de la profession

Et de fait, Patrick qui écrit tous ses papier à la main, est capable de les lire à une vitesse que les professeurs de journalisme interdisent formellement à leurs élèves.

Quelques exemples...

Adepte aussi des troisièmes mi-temps qui font encore parfois le sel du rugby, la professionnalisation de ce sport le rendait souvent chagrin : il y voyait un formatage qui ne cadre pas avec ses convictions, sa manière de voir la vie, sa curiosité pour la différence.

Patrick est capable de formules qui méritaient de passer à la postérité. Chacun retiendra les siennes, mais on peut citer (après une laborieuse victoire du XV de France de rugby à Édimbourg) que

L'équipe a failli perdre le fil, d’Écosse bien sûr...

Avant un Grand prix de Malaisie qui s'annonçait très indécis, il nous rappelait

qu'il est malaisé en Malaisie de faire des pronostics

Il est enfin l'inventeur, au soir d'une très lourde défaite à Sydney ou à Melbourne; de l'inoubliable

Australopiquette

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