Carte de France 22h
Carte de France 22h © Radio France

La grande surprise de ce second tour des régionales est la défaite du FN qui avait viré en tête dans six régions et n’en aura conquis aucune. Les candidats de droite remportent sept régions et la gauche cinq.

Malgré des scores impressionnants au premier tour, le FN a totalement raté le coche de ces régionales. Le parti qui se voyait dimanche dernier remporter quatre à cinq régions, a été battu partout.

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En Nord-Pas-de-Calais - Picardie , Marine Le Pen n'obtient que 42% à 43% des voix, largement distancée par Xavier Bertrand (LR) et ses 57-58%. En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine , Florian Philippot est distancé de près de dix points par Philippe Richert (LR). Résultat semblable à celui de Christian Estrosi face à Marion Maréchal Le Pen en PACA.

Marine Le Pen a dénoncé "un régime à l'agonie". Pour elle, sa défaite, "c'est le prix à payer pour l'émancipation d'un peuple". "Le premier résultat concret", dit-elle, c'est l'éradication totale d'un PS particulièrement malfaisant" en Nord Pas de Calais - Picardie. Autre résultats, la "confirmation de la montée inexorable du courant national".

Le gagnant de Nord-Pas-de-Calais - Picardie,Xavier Bertrand , a remercié les électeurs de gauche et les électeurs mobilisés autour de sa candidature :

Ici les français ont donné une leçon de rassemblement et d’honneur. L’histoire retiendra que c’est ici que nous avons stoppé le FN. Ces résultats changeront ma façon de faire de la politiqué. Nul ne peut dire ce soir qu’il a gagné.

La mobilisation des électeurs du second tour , constatée depuis la mi-journée, a donc profité aux listes qui s’opposaient au FN. L’abstention la plus basse – Corse mise à part (32,1) - se constate en Nord-Pas-de-Calais - Picardie (38,5%), Bourgogne - Franche-Comté (39,2%) et en PACA (39,5%), trois régions qui pouvaient basculer à l’extrême droite.

En PACA, Christian Estrosi a noté que le "le rassemblement des valeurs républicaines est au rendez-vous "

Quant à Marion Maréchal Le Pen , qui a attendu 22h20 pour reconnaitre sa défaire car elle espérait une inversion des résultats, "les vainqueurs auront sabordé la démocratie. Gagner à 10 contre 1 c’est une défaite", dit-elle.

En Bourgogne - Franche-Comté , défaite de la FN Sophie Montel et victoire de Marie-Guite Dufay (PS) qui l'emporte face à François Sauvadet (droite).

L'Ile de France bascule à droite avec la victoire de Valérie Pécresse qui bat d'une courte tête Claude Bartolone. Lors de sa première déclaration, elle s'est décrite en femme consciente "d'avoir rassemblé des voix de tous les horizons politiques" :

Je serai une femme libre, la présidente de tous les franciliens. Ni la femme d’un camp, ni d’un parti, ni d’un lobby. Dès mon élection, je procèderai au déploiement d’un bouclier de sécurité

Claude Bartolone a rapidement reconnu sa défaite en Île-de-France et annonce qu'il remettra en jeu lundi, comme il s'y était engagé, son mandat de président de l'Assemblée. Réponse sur Twitter de Bruno Le Roux, patron du groupe PS "Il est et reste un très bon président de l'Assembéle Nationale".

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La droite remporte sept régions

l'Ile de France, PACA, Alsace - Champagne-Ardenne – Lorraine, Pays de la Loire, Nord-Pas-de-Calais – Picardie, Auvergne - Rhône-Alpes et Normandie.

La gauche gagne cinq régions

Bourgogne, Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées, Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes, Bretagne et Centre - Val de Loire

La quadrangulaire en Corse a souri aux nationalistes qui ont fusionné pour donner la victoire à la liste de Gilles SIMEONI 36,9 qui bat la liste de gauche du président sortant Paul GIACOBBI 27,8%.

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Situation contrastée outre-mer En Guadeloupe, le divers gauche Ary Chalus domine largement l’ex ministre socialiste Victorin Lurel (57,52% contre 42,48%). En Martinique, l’indépendantiste Alfred Marie-Jeanne qui a passé un « contrat de mandature » avec la droite s’impose aux dépens du divers gauche Serge Létchimy (54,14% contre 45,86%). Dans le duel entre divers gauche contre divers gauche en Guyane, c’est Rodophe Alexandre qui s’impose ( (54,55% contre 45, 45%) face à Alain Tien-Liong. Enfin à La Réunion, c’est le candidat de la droite Didier Robert qui l’emporte face à la divers gauche Huguette Bello (52,69% contre 47,31%).

Les enseignements

C'est le mot d'ordre de ce second tour : tout le monde dit qu'il a reçu le message des français et qu'il faut changer la manière de faire de la politique.

Pour Nicolas Sarkozy, les français ont lancé un avertissement aux hommes politiques de tous partis :

Je veux remercier les millions d'électeurs quelle que soit leur appartenance politique qui se sont portés (...) sur les listes des républicains et du centre. Cette mobilisation (...) ne doit cependant sous aucun prétexte faire oublier les avertissements qui ont été adressés à tous les responsables politiques, nous compris, lors du premier tour.,

Pour le Premier ministre Manuel Valls; les Français demandent des résultats urgent :

Ce soir il n'y a aucun soulagement, aucun triomphalisme, aucun message de victoire. Le danger de l'extrême droite n'est pas écarté, loin de là. Tout cela nous oblige à entendre davantage les Français, à agir sans relâche, plus vite, pour obtenir plus de résultats.

Sans attendre, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, a appelé le gouvernement à infléchir sa politique pour "faire barrage aux inégalités".

Nous ne pouvons plus continuer comme cela. Il faut agir contre la précarité et pour l'activité comme nous nous sommes attaqués à la compétitivité et à la refondation de l'école. C'est l'inflexion qui doit intervenir dans les 18 mois à venir.

Autre enseignement : le front républicain fonctionne encore , même quand Nicolas Sarkozy demande à ses troupes de ne pas le pratiquer. Ce qui a fait dire dimanche soir à Nathalie Kosciucko-Morizet, numéro deux du parti LR :

Si les électeurs avaient appliqué le ni-ni, nos candidats dans le Nord et en Paca auraient été battus.

Si la députée de l'Essonne a été la seule, avec Jean-Pierre Raffarin, a souhaiter au sein de Les républicains des désistements réciproques, dimanche soir Alain Juppé et François Fillon ont noté avec soulagement, la mobilisation des français.

Alain Juppé :

Le second tour du scrutin est marqué par un rebond spectaculaire de la participation, qui a permis de faire échec au Front national. C'est un signe de bonne santé de notre démocratie.

Pour François Fillon :

Les Français se sont mobilisés à droite comme à gauche pour refuser que l'extrême droite ne dirige une région française. Ce sursaut est un réconfort mais il n'efface pas le 6 décembre qui reste le véritable baromètre de l'état du pays.

Vendredi on procèdera à l'élection des Présidents des régions qui n'ont pas changé. Pour les autres il faudra attendre le 4 janvier

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