Elle n’est pas la seule à avoir remis en question le modèle pyramidal classique de l’entreprise, mais INOV-ON est souvent citée en exemple parmi les entreprises libérées.

Une entreprise sans patron
Une entreprise sans patron © Getty

Beaucoup de sociétés ont fait ce choix avec, dans chacun des cas, des motivations particulières. Pour Alexandre Gérard et ses associés c’est la crise financière qui a été un déclic : « 2009 est une année de cauchemar, nous sommes balayés par la crise. Nous avons dû licencier beaucoup de monde pour sauver l’entreprise, ce fut aussi le début d’un questionnement profond avec, au final, l’ouverture vers un nouveau champ des possibles : organiser un collectif sans passer par une organisation pyramidale ».

Le boss doit lâcher prise

Début 2012, le chantier a avancé et l’entreprise se libère, les dirigeants et managers deviennent des « animateurs », la métaphore du jardinier qui doit faire germer la créativité est utilisée volontiers pour décrire ce nouveau rôle. Alexandre Gérard fait alors le grand saut et part faire un tour du monde en famille, laissant les clés au collectif. A son retour, les règles de rémunérations variables ont été modifiées sans qu’il soit consulté… à la sortie les marges seront multipliées par quatre…

Les critères communs aux entreprises libérées

Si chaque chemin est différent, certains critères sont communs : remettre l’humain au cœur du projet, faire confiance, décentraliser les processus de décision, favoriser la créativité, faire en sorte que chacun se sente libre et utile.

Pour Alexandre Gérard, tout dépend au départ du « regard du patron sur ses équipes, si le regard est positif, cela va permettre de développer les organisations de confiance. Si le regard est dépréciatif, c’est lui qui prend les décisions et qui contrôle l’exécution, et c’est une organisation qui développe la défiance ».

L’objection comme levier 

Grâce à des groupes de travail, les décisions sont prises par le vote et « imaginons que deux personnes sur dix ne soient pas d’accord, avant d’entériner la décision, on va s’intéresser aux deux personnes qui n’ont pas dit oui en voyant ce qu’il faudrait modifier dans la décision pour qu’ils aient envie de dire oui. Cela va nous permettre d’embarquer quasiment toute la population à chaque fois lorsque l’on prend une décision ».

Un modèle d’avenir ?

Pour certains, ce n’est ni plus ni moins qu’une déclinaison des coopératives, pour d’autres une innovation qui se généralisera. A ce jour en tout cas, c’est une démarche et un modèle qui ne sont pas majoritaires dans le monde de l’entreprise.

Pour le Groupe INOV-ON, pas de marche arrière au programme, les résultats financiers sont au rendez-vous et cette nouvelle organisation semble convaincre la grande majorité des collaborateurs.

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