Ce phénomène d'incendies de voitures, apparu dans les années 1990 et développé fortement dans les années 2000, est devenu une sorte d'indicateur des violences urbaines, qui a provoqué dans le passé des polémiques entre droite et gauche.

Selon Manuel Valls :

Il est important que l'on connaisse les faits, que l'on ait les chiffres. Pour moi, il est hors de question d'engager la moindre polémique sur ces questions-là, ce qui compte, ce qui est essentiel, c'est comment on s'attaque à ces phénomènes de violence et de délinquance.

1.193 véhicules brûlés lors de la saint-sylvestre
1.193 véhicules brûlés lors de la saint-sylvestre © reuters
Le précédent gouvernement de droite avait renoncé à publier les chiffres des Saint-Sylvestre de 2010 et 2011, expliquant qu'il ne voulait pas encourager une compétition malsaine. Le dernier chiffre publié était celui du Nouvel an de 2009 - 1.147 véhicules incendiés - , qui constituait à l'époque un record depuis six ans. Même si ce record apparaît battu, Manuel Valls ne s'est livré à aucune comparaison avec les dernières années connues. Il a laissé entendre que des problèmes statistiques avaient entraîné une minoration à la baisse des anciens chiffres. Les incendies par propagation n'étaient quelquefois pas comptés, de même que les incendies de deux roues, a indiqué le ministre. ### L'exception française L'incendie de voitures, symptôme pour certains d'une situation préoccupante de délinquance dans les banlieues pauvres notamment, constitue en Europe une véritable exception française, qui se manifeste en fait toute l'année. Il y a eu en 2011 un total de 42.135 véhicules brûlés dans le pays. "Je serai amené à faire un certain nombre de propositions pour lutter contre ce phénomène qui touche particulièrement notre pays", a dit Manuel Valls. Il a parlé de discuter avec les assureurs pour lutter contre de possibles escroqueries. Dans le détail, cette année, il y a eu 344 incendies par propagation sur le total de 1.193. Quelque 907 voitures ont été brûlées en zone de police, donc dans les villes, 209 à Paris et dans la banlieue, et 77 en zone gendarmerie, c'est-à-dire en secteur rural. Il y a neuf départements avec plus de 40 incendies, notamment les deux de la région Alsace et les Bouches-du-Rhône. Les 339 arrestations représentent une hausse importante par rapport à l'an dernier (290). Quelque 244 personnes interpellées ont été placées en garde à vue, contre 181 l'an dernier. Cette hausse peut être due à la mobilisation accrue des forces de l'ordre, avec 53.000 policiers et gendarmes sur le terrain cette année. Il n'y a pas eu d'affrontements, sauf dans un quartier de Strasbourg et un de Mulhouse. Il y a par ailleurs eu un mort en Alsace et quatre blessés graves, dont une personne dont le pronostic vital est engagé, à la suite de l'utilisation d'artifices de type "mortier" interdits en France, a dit le ministre. Thierry Lévêque, édité par Danielle Rouquié
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