Depuis la loi du 18 octobre 1999, on peut enfin appeler “Guerre d’Algérie” les “évènements” qui ont eu lieu entre novembre 1954 et mars 1962, en Algérie, mais aussi en France et que les Algériens nomment pour leur part “Guerre d’indépendance”. Elle débouchera en effet après les accords d’Evian le 18 mars 1962 et le cessez-le-feu en vigueur dés le lendemain, sur la création de l’Algérie indépendante, le 5 juillet. En France, la crise institutionnelle née du conflit provoquera le retour du Général de Gaulle au pouvoir et la fin de la Quatrième République. Environ 800.000 personnes (les pieds-noirs) seront rapatriées dans l’hexagone. Le bilan de la guerre, assez difficile à établir, fait état de 25.000 militaires et 3.000 civils français tués. Côté algérien, on dénombre selon les sources entre 300.000 et 400.000 morts.

Toussaint rouge
Toussaint rouge © Radio France

Après des mois de préparation dans une clandestinité parfaitement préservée, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, plusieurs attentats sont perpétrés par le Front de Libération Nationale (F.L.N.) dans une trentaine de sites en Algérie. Ces attentats qui provoquent la mort de 7 personnes, marquent le début de ce que les autorités françaises et les médias appellent alors "les évènements d'Algérie" .

Janvier 1955 : François Mitterrand, Ministre de l'Intérieur, prône le recours à la force le 5 ; le 20, l'armée française commence ses opérations d'envergure dans le massif de l'Aurès.

Insurrection du Constantinois
Insurrection du Constantinois © Radio France

Lancée le 20 août 1955 par Zighout Youssef, responsable régional du F.L.N., l'insurrection du Constantinois vise à alléger la pression exercée par les troupes françaises et à rassembler la population algérienne. Les combats contre les forces françaises s'accompagnent de violences contre les civils. 123 personnes sont tuées, dont 71 d'origine européenne. Plus de la moitié vivaient dans les villages d'El Halia, Saint Charles et Aïn Abid. L'indignation suscitée par ces massacres de civils a entrainé la répression conduite par l'Armée française, qui fit entre 5 et 6 fois plus de victimes que ceux perpétrés par le F.L.N.

12 septembre 1955 : interdiction du Parti Communiste algérien. Suspension du quotidien Alger Républicain.

Les pouvoirs spéciaux
Les pouvoirs spéciaux © Radio France

Le 12 mars 1956, Robert Lacoste est nommé Ministre Résident en Algérie et réclame des "pouvoirs spéciaux" qui lui sont accordés par l'Assemblée Nationale. 200.000 jeunes du contingent sont rappelés, portant les effectifs à 400.000 hommes environ, un niveau qui sera maintenu jusqu'à la fin du conflit. L'armée transforme l'Algérie en une véritable province militaire et ferme les frontières avec le Maroc et la Tunisie, par où transitent les hommes et les armes à destination du F.L.N.

18 mai 1956 : 20 militaires français massacrés près de Palestro.

20 août 1956 : Congrès du F.L.N. Création du Comité National de la Révolution Algérienne (C.N.R.A.).

Attentats d'Alger
Attentats d'Alger © Radio France

Attentats à Alger dans deux cafés fréquentés par la jeunesse européenne, le Milk Bar et La Cafeteria (un mort, 62 blessés).

Attentat au bazooka contre le Général Salan, nommé depuis 2 mois Commandant en Chef en Algérie.

Contre le terrorisme urbain, le quadrillage du territoire par l'armée française reste peu efficace. Le Général Massu se voit confier en plus du commandement de la 10ème Division Parachutiste, le commandement militaire de la zone nord algéroise. C'est le début de la "Bataille d'Alger" qui va durer 9 mois. Contrôles, fouilles, arrestations et même pratique de la torture se généralisent en réponse aux attentats. Succès militaire avec le démantèlement des réseaux du F.L.N., échec politique et psychologique: l'intimidation et la torture conduisent à une radicalisation communautaire et provoquent l'hostilité des musulmans qui se rallient à la cause du F.L.N.

Octobre 1957 : Capture d'Abderrhaman Ben Hamida, Commissaire Politique de la Zone Autonome d'Alger. Fin de la Bataille d'Alger.

Salhiet Sidi Youssef
Salhiet Sidi Youssef © Radio France

Le 8 février 1958, bombardement par l'armée française du village tunisien de Sakhiet Sidi Youssef : les membres du F.L.N. traqués en Algérie, se réfugient au Maroc et en Tunisie. Arguant d'un "droit de suite", l'armée française bombarde le village tunisien de Sakhiet Sidi Youssef où se trouve une base du F.L.N. Le bilan varie entre 72 et 75 morts et 148 blessés, dont une douzaine d'élèves de l'école primaire et des réfugiés algériens regroupés par une mission de la Croix Rouge. Une vague internationale d'indignation marque alors l'internationalisation du conflit.

Comité de Salut Public
Comité de Salut Public © Radio France

A Alger, les manifestations organisées pour saluer la mémoire de 3 soldats français tués par le F.L.N. et pour s'opposer à la formation à Paris d'un gouvernement dirigé par Pierre Pflimlin, favorable à des négociations avec le F.L.N. tournent à l'émeute. Le siège du Gouvernement Général est envahi. Les généraux Massu et Salan créent un Comité de Salut Public. L'armée gouverne l'Algérie sans en avoir le pouvoir. Après l'investiture du Gouvernement Pflimlin le 14, Salan, poussé par Massu lance le 15 un appel au Général de Gaulle.

je vous ai compris
je vous ai compris © Radio France

1er au 4 juin 1958, de Gaulle est au pouvoir : rappelé officiellement par le Président de la République René Coty, le Général de Gaulle est investi par l'Assemblée Nationale le 1er juin.Il demande les pleins pouvoirs pour une durée de 6 mois et la révision de la Constitution, puis annonce la mise en congé du Parlement jusqu'au 1er octobre. Le 2 juin, il obtient les pleins pouvoirs, le 3 le droit de réviser la Constitution. Le 4, il se rend à Alger, où il prononce son très ambigu "Je vous ai compris", accueilli par la foule avec enthousiasme.

19 septembre 1958 : Constitution du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A.) présidé par Ferhat Abbas.

3 octobre 1958 : Discours du Général de Gaulle à Constantine annonçant un plan de développement économique pour l'Algérie sur 5 ans.

La paix des braves
La paix des braves © Radio France

Lors d'une intervention radio-télévisée, le Général de Gaulle propose au F.L.N. une "Paix des braves". Proposition rejetée 2 jours plus tard par le F.L.N. réuni au Caire.

audétermination
audétermination © Radio France

16 septembre 1959, discours de de Gaulle sur le droit des Algériens à l'autodétermination : La mise en œuvre du plan de développement économique annoncé un an auparavant s'opère sous l'impulsion de Paul Delouvrier, Délégué Général du Gouvernement en Algérie. Mais aucun progrès n'a été accompli dans l'ordre d'une solution politique, la majorité des Européens d'Algérie réclamant une "intégration", alors que les chefs de l'insurrection revendiquent l'"indépendance". Le Général de Gaulle prononce un discours radio-télévisé énonçant le principe fondamental de sa politique à l'égard de l'Algérie. Un référendum reconnaissant le droit des Algériens à l'autodétermination sera organisé.

barricades
barricades © Radio France

Le Général Massu, Commandant du Corps d'armée à Alger a été muté en Métropole sur décision du Général de Gaulle. En réaction, une grève générale est décrétée à Alger par certains nationalistes, massivement soutenus par les Européens. A l'issue de la manifestation du 24, des barricades sont érigées pour faire obstacle aux forces de l'ordre. Le soir, les affrontements avec les gendarmes mobiles et les C.R.S. font plus de 20 morts.

reggane
reggane © Radio France

Le 13 février 1960 ont lieu les premiers essais nucléaires français : ils ont lieu dans la région de Reggane à partir du Centre Saharien d'Expérimentations militaires. Ce premier essai, baptisé "Gerboise bleue " sera suivi de 3 autres. Il y aura 13 autres essais, mais souterrains. Certains occasionneront des rejets radioactifs dans l'environnement.

6 septembre 1960 : Publication en France du "Manifeste des 121", prônant le droit à l'insoumission.

19 décembre 1960 : Reconnaissance par l'ONU du droit à l'indépendance pour l'Algérie.

8 janvier 1961: Référendum sur le projet portant sur l'autodétermination. Le "oui" recueille 75,25% des suffrages en métropole et 69,09% en Algérie.

Putsch d'Alger
Putsch d'Alger © Radio France

Il s'agit d'une tentative de soulèvement des militaires stationnés en Algérie et des pieds-noirs. Elle est conduite par les Généraux Challe, Jouhaud, Salan et Zeller (qualifiés par de Gaulle de "quarteron de généaux à la retraite"), afin de s'opposer à la politique algérienne du Général de Gaulle. Peu suivi par le contingent et mal perçu en métropole, le putsch va échouer.

Accords Evian
Accords Evian © Radio France

Les accords d'Evian sont signés le 18 mars 1962 entrainant un cessez-le-feu dés le lendemain, avant d'être approuvés massivement par les Français le 8 avril (90% de "oui" au référendum) puis soumis aux Algériens (1er juillet 1962). La France reconnaît la souveraineté de l'Etat algérien, mais conserve un statut privilégié, notamment sur le Sahara et ses ressources pétrolières ainsi que sa base militaire de Mers-el-Kébir.

L'indépendance
L'indépendance © Radio France

Le 3 juillet, 2 jours après le référendum d'autodétermination en Algérie, le Président de Gaulle annonce officiellement la reconnaissance par la France de l'indépendance de l'Algérie. Un échange de lettres entre le Président de l'Exécutif provisoire (mis en place par les accords d'Evian et chargé de diriger le pays pendant la période de transition entre le cessez-le-feu et l'élection d'une Assemblée Constituante) et de Gaulle, constate le transfert de souveraineté.

Le petit clamart
Le petit clamart © Radio France

Une tentative d'assassinat du Général de Gaulle est organisée par le Lieutenant-colonel Bastien-Thiry de l'O.A.S. Nom de code de l'opération: "Charlotte Corday". Il s'agit d'intercepter la voiture du Général qui se rend à Villacoublay où l'attend l'hélicoptère présidentiel. Le commando ouvre bien le feu, mais l'attentat échoue.

18 octobre 1999 : Une loi substitue officiellement le terme "Guerre d'Algérie" à celui d'"Opérations en Afrique du Nord". Outre ses implications financières pour les anciens combattants, ce texte, souhaité par le Président Jacques Chirac, a naturellement une haute valeur symbolique.

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