Retour en images sur l'actualité de 2016 en France et dans le monde. Des événements que les équipes de France Inter ont tenté de rapporter, analyser et décrypter.

2016 : 12 mois en images
2016 : 12 mois en images

JANVIER - Les attentats de Ouagadougou

Le 15 janvier, à 19h45, des hommes armés attaquent trois lieux touristiques du centre de Ouagadougou, au Burkina Faso : le bar Taxi Brousse, le restaurant Le Cappuccino et l’hôtel Splendid. Trente personnes décéderont suite à cette attaque meurtrière, dont la photographe franco-marocaine Leila Alaoui. Trois jours de deuil national seront décrétés. L’attentat sera revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). C’est le premier attentat djihadiste au Burkina Faso.

L'image d'Ahmed Ouoba, pour l'AFP, est prise alors que l’assaut est toujours en cours :

Les soldats du Burkina Faso, soutenus par les forces spéciales françaises, prennent position aux alentours de l'hôtel Splendide et du café Cappuccino lors de l’attaque d’Al-Qaïda.16/01/16 Ouagadougou
Les soldats du Burkina Faso, soutenus par les forces spéciales françaises, prennent position aux alentours de l'hôtel Splendide et du café Cappuccino lors de l’attaque d’Al-Qaïda.16/01/16 Ouagadougou © AFP / AHMED OUOBA

►►► RÉÉCOUTEZ || Hommage à Leïla Alaoui, photographe franco-marocaine, assassinée à Ouagadougou, dans le Making of de Pascale Clark

FÉVRIER - Libération de deux journalistes turcs

Le 26 février, deux journalistes turcs sont libérés de prison : Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien d’opposition Cumhuriyet, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara. Ils étaient incarcérés depuis trois mois pour avoir fait état de livraisons d’armes du pouvoir turc à des rebelles islamistes en Syrie. La Cour constitutionnelle du pays vient de rendre un arrêt « historique » : elle déclare que les droits à la liberté personnelle et à la sécurité des deux journalistes ont été violés, réclamant ainsi leur libération.

Can Dündar prend sa femme Dilek Dundar dans ses bras, juste après avoir été libéré de la prison de Silivri à Istanbul le 26 février 2016.
Can Dündar prend sa femme Dilek Dundar dans ses bras, juste après avoir été libéré de la prison de Silivri à Istanbul le 26 février 2016. © AFP / VEDAT ARIK / CUMHURIYET DAILY NEWSPAPER

►►► RÉÉCOUTEZ || Can Dündar, la bête noire du Président turc Erdogan, était l’invité de Sonia Devillers le 14 novembre dernier dans l'Instant M :

Les médias turcs sont totalement sous le contrôle du gouvernement. Il reste une poignée de journalistes indépendants en Turquie.

MARS - Les attentats de Bruxelles

Le 22 mars, trois attentats-suicide à la bombe frappent la capitale belge : deux à l’aéroport de Bruxelles à Zaventem, et un troisième dans une rame de métro proche de la station Maelbeek, dans le quartier européen. L’attentat, revendiqué par l’organisation terroriste État Islamique, fait 32 morts (sans compter les kamikazes) et 340 blessés.

L’une des survivantes fait la une des journaux. L’image est prise à l’aéroport de Bruxelles : Nidhi Chaphekar, une hôtesse de l’air indienne, mère de famille de 42 ans, se trouvait au sol lorsque les bombes ont explosé dans l'aéroport. En état de choc, recouverte de poussière et de sang, les vêtements déchirés... la jeune femme au regard hagard va devenir rapidement le symbole de ces attentats. Le cliché fait la une du Guardian, du New York Times et du Parisien. Des critiques se font entendre à sa publication : on reproche au photographe et aux médias de ne pas respecter la dignité des victimes. Mais la femme de la photo, qui est par la suite tombée dans le coma pendant 22 jours, s’exprime quelques semaines plus tard. Elle explique au journal flamand Het Laatste Nieuws que cette image lui a « sauvé la vie » :

Des gens du monde entier m'ont apporté du courage dans les moments difficiles. Ce n'est certainement pas la plus belle photo de moi, mais des milliers de personnes ont prié pour moi. Cela m'a donné beaucoup de force.

Nidhi Chaphekar,  le 22 mars, juste après les attentats-suicide à la bombe, à l'aéroport de Bruxelles. La journaliste géorgienne Ketevan Kardava qui prend la photo était elle-même en transit.
Nidhi Chaphekar, le 22 mars, juste après les attentats-suicide à la bombe, à l'aéroport de Bruxelles. La journaliste géorgienne Ketevan Kardava qui prend la photo était elle-même en transit. © Getty / Ketevan Kardava

►►► L’humour face à l’horreur : quand Charline réussit à nous faire rire après les attentats de Bruxelles : « On est passé de "je suis en terrasse" à "je suis au check-in" »

AVRIL - Nuit Debout s’installe place de la République

À la suite d'une manifestation contre la proposition de loi travail, un ensemble de manifestations sur des places publiques s'organisent à compter du 31 mars 2016. Si au début, la principale revendication est le retrait de la loi El-Khomri, Nuit Debout critique aussi largement les violences policières, l'état d'urgence, le secret des affaires… Sans leader ni porte-parole, les prises de décisions se font par consensus, lors d'assemblées générales. Nuit Debout s'étend dans de très nombreuses villes en France.

Manifestants du mouvement "Nuit Debout" place de la République à Paris (France) contre la proposition de loi travail, 12 avril 2016.
Manifestants du mouvement "Nuit Debout" place de la République à Paris (France) contre la proposition de loi travail, 12 avril 2016. © Reuters / Christian Hartmann

Le mercredi 20 avril, la place de la République à Paris, se remplit pour voir interpréter la Symphonie n°9 (du Nouveau Monde) de Dvorak par plusieurs dizaines de musiciens sympathisants du mouvement. L'idée de cet "Orchestre Debout" a été lancée sur les réseaux sociaux dès le 14 avril. Les organisateurs expliquent, ce jour-là :

Parce que nous souhaitons un nouveau monde, tout simplement meilleur, dans lequel la justice et la culture seront la base de la société, nous avons le droit et même le devoir de nous lever.

►►►REPORTAGE || Libérez la sono à la Nuit Debout, par Comme un bruit qui court

MAI – Manifestations anti-flics

Le 18 mai, en marge d’une manifestation de policiers dénonçant la « haine anti-flic » qui règne ces dernières semaines dans le contexte du mouvement contre la loi travail, une voiture de policiers est incendiée vers le Canal Saint-Martin par des contre-manifestants aux visages masqués. Deux fonctionnaires présents à bord doivent quitter le véhicule qui prend feu et sont légèrement blessés. La scène est filmée par des passants et manifestants. Elle fera le lendemain le tour des médias et d'Internet.

Un véhicule de police a été incendié en marge d'une manifestation, vers la Canal Saint Martin, Paris, 18 mai 2016.
Un véhicule de police a été incendié en marge d'une manifestation, vers la Canal Saint Martin, Paris, 18 mai 2016. © Maxppp / Marion Vacca/Wostok Press

►►► REVOIR || Le matin du 18 mai, la secrétaire général adjoint du Syndicat des Commissaires de la Police Nationale, était au micro de Patrick Cohen :

Les policiers savent que la majorité silencieuse leur porte du respect.

JUIN : Mohamed Ali, mort d’une légende

Le 8 juin, l’ancien boxeur américain Mohamed Ali, meurt d’un choc septique à l’âge de 74 ans, à Phoenix, en Arizona. Il souffrait depuis une trentaine d’années de la maladie de Parkinson. Le président américain Barack Obama a salué la mémoire d’une icône qui « a secoué le monde » :

Derrière le Président, l’une des images phares de la vie du boxeur : la victoire du boxeur contre Sonny Liston, le 25 mai 1965, en à peine… deux minutes de combat. Comme l’a relaté Slate, le match est rentré dans l’Histoire sous le nom de « phantom punch ». Liston serait tombé KO par un direct du droit d’Ali mais a-t-il vraiment touché sa cible ? Certains témoins affirment que oui, mais d’autres contestent l’authenticité de ce KO devenu mondialement célèbre. Le mystère reste entier.

Le champion Mohamed Ali au-dessus de Sonny Liston. Lewiston, Maine.
Le champion Mohamed Ali au-dessus de Sonny Liston. Lewiston, Maine. © Getty / Bettmann / Contributeur

►►► RÉÉCOUTEZ || Mohamed Ali l’invincible, dans L’œil du Tigre de Philippe Collin, en septembre 2016.

JUILLET – L'attentat de Nice du 14 juillet

Le 14 juillet, jour de fête nationale en France, alors que les Niçois et les touristes se promènent le long de la promenade des Anglais après le traditionnel feu d’artifice du 14 juillet qui vient de se terminer, un camion-bélier prend la foule pour cible tuant 86 personnes et faisant près de 500 blessés. L’attentat est revendiqué par l’organisation terroriste État islamique.

Le photographe de Reuters, Eric Gaillard, est basé à Nice. Ce soir-là, il est chez lui avec sa femme et sa fille quand il entend la sirène de pompiers. Il couvre l’événement et réalise notamment ce cliché qui symbolise cette tragédie : un corps enveloppé d’une couverture de survie, avec à ses côtés une poupée. Les feux d’artifices du 14 juillet font le bonheur des enfants, chaque année. Cette image marquera la violence de cette attaque survenue le jour d’une fête familiale autant que nationale.

Une victime de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice.
Une victime de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. © Reuters / Eric Gaillard

►►► LIRE || Suite à l’attentat de Nice, François Hollande décrète trois jours de deuil national, une décision rare en France.

AOUT – Le burkini-gate

Burkini est la contraction de « burqa » et « bikini ». Le 5 août, le maire de la commune de Villeneuve-Loubet prend un arrêté municipal interdisant le port du burkini sur les plages, suivi de près par une trentaine d’autres communes. Pendant presque un mois, le sujet fait polémique en France dans les médias et sur les réseaux sociaux. C’est aussi une bataille juridique qui s’ouvre et qui se clôturera le 26 août (du moins, juridiquement) par un arrêt du Conseil d’État qui invalide l’arrêté de Villeneuve-Loubet anti-burkini. Le Conseil d’Etat rappelle aussi que les maires qui ont invoqué le principe de laïcité ne peuvent se fonder sur d’autres considérations que « l’ordre public », « le bon accès au rivage, la sécurité de la baignade ainsi que l’hygiène et la décence » pour interdire l’accès aux plages.

Le 25 août, plus d’une trentaine de femmes manifestent devant l’ambassade de France à Londres pour protester contre les arrêtés anti-burkini dans l’Hexagone. Sur les pancartes, on lit des messages tels que « L’islamophobie n’est pas la liberté » ou encore « Laissez-les porter ce qu’elles veulent ».

Manifestantes contre l'interdiction du Burkini devant l'ambassade de France à Londres, Grande-Bretagne, 25 août 2016
Manifestantes contre l'interdiction du Burkini devant l'ambassade de France à Londres, Grande-Bretagne, 25 août 2016 © Reuters / Neil Hall

►►► HUMOUR - "Itsi, bitsi, petit burkini", par Sophia Aram

SEPTEMBRE – Aux Etats-Unis, Charlotte s’enflamme après une bavure policière

Une violence manifestation éclate à Charlotte, en Caroline du Nord, aux États-Unis, le 20 septembre après le décès d’un Afro-Américain, Keith Lamont Scott, 43 ans, tué par un policier sur le parking d’une résidence. La police affirme que l’homme était armé, ce que démentent les proches de la victime. Des centaines de personnes se réunissent, un axe routier est bloqué, une dizaine de policiers est blessée, plusieurs voitures sont endommagées... La police réplique à coups de grenades lacrymogènes. Les affrontements vont s’étaler sur trois jours consécutifs. L’état d’urgence est déclaré. Un manifestant décédera suite à ses blessures lors de la nuit du 21 au 22 septembre. Fin novembre, le procureur local annonce que le policier qui a abattu Keith Lamont Scott ne sera pas poursuivi, estimant son action « conforme à la loi ».

Les manifestants rassemblés suite au décès de Keith Lamont Scott, près du lieu où il a été abattu. Sur les pancartes, on lit : «les vies des Noirs comptent», Charlotte, Caroline du Nord, le 20/09/2016
Les manifestants rassemblés suite au décès de Keith Lamont Scott, près du lieu où il a été abattu. Sur les pancartes, on lit : «les vies des Noirs comptent», Charlotte, Caroline du Nord, le 20/09/2016 © Reuters / Jason Miczek

►►► ALLER PLUS LOIN || “La fracture raciale”, un reportage aux Etats-Unis de Géraldine Hallot

OCTOBRE – La bataille de Mossoul

En octobre, à 60 kilomètres au sud de Mossoul, en Irak, les forces irakiennes ont repris dans la ville de Gayara au groupe Etat islamique. Avant de fuir, les djihadistes ont incendié les puits de pétrole, laissant un paysage apocalyptique.

Un homme se tient debout devant les puits de pétrole en feu dans la zone d Qayyarah, à 60 km au sud de Mossoul, en Irak, le 19 octobre, 2016.
Un homme se tient debout devant les puits de pétrole en feu dans la zone d Qayyarah, à 60 km au sud de Mossoul, en Irak, le 19 octobre, 2016. © AFP / ASIN AKGUL

Ce jeudi 30 décembre, soit deux mois plus tard, les forces irakiennes ont lancé la phase de leur offensive pour reprendre la partie orientale de Mossoul au groupe djihadiste qui contrôle la deuxième ville du pays depuis plus de deux ans..

►►► TÉMOIGNAGE || Ces réfugiés qui fuient Mossoul, un reportage de Philippe Randé en Irak.

NOVEMBRE – Trump est élu président des États-Unis

Le 8 novembre, Donald Trump est élu 45e Président des États-Unis. Le magnat de l'immobilier new-yorkais a battu Hillary Clinton dans la course à la Maison Blanche, après une campagne électorale de 17 mois.

Le président élu Donald Trump et Mitt Romney dînent au restaurant Jean-Georges, le 29 novembre 2016 à New York.
Le président élu Donald Trump et Mitt Romney dînent au restaurant Jean-Georges, le 29 novembre 2016 à New York. © Getty / Drew Angerer

►►► #USA2016 || Reportages, portraits, analyses, vidéos… Retrouvez le dossier spécial de nos journalistes sur l’élection présidentielle américaine

DÉCEMBRE – À Alep, une fin dans le sang et les flammes

Après six ans de guerre civile, le 13 décembre, Alep, la deuxième ville de Syrie, est en passe d’être reprise par l’armée de Bachar al-Assad. L’ONU et de nombreux témoins sur place évoquent des massacres de civils.

Ce jeudi 29 décembre, un cessez-le-feu est entré en vigueur à minuit avant l’ouverture des négociations de paix, en vertu d’un accord conclu sous l’égide de la Russie et de la Turquie, sans les Etats-Unis. Le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui prendra ses fonctions au 1er janvier 2017, a qualifié la guerre en Syrie de « cancer à l’échelle mondiale ». Depuis 2011, cette guerre a fait plus de 310 000 morts et des millions de réfugiés.

Aujourd'hui à l'entrée de la ville, les ruines sont couverts de neige. 21 décembre 2016.
Aujourd'hui à l'entrée de la ville, les ruines sont couverts de neige. 21 décembre 2016. © Sipa / FRANCOIS THOMAS

►►► DOSSIER SPÉCIAL || La chute d’Alep

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