Le 5 mai 1992, une tribune s’effondre au stade de Furiani, en Corse. 18 personnes sont tuées, plus de 2 000 autres sont blessées. Retour sur cette soirée qui a viré au drame.

Le 6 mai 1992, au lendemain de la catastrophe de Furiani.
Le 6 mai 1992, au lendemain de la catastrophe de Furiani. © AFP / ERIC CABANIS

Ce devait être un soir de fête, rythmé par des buts espérés, des coups de sifflet et les encouragements du public. Mais ce 5 mai 1992, à quelques minutes du coup d’envoi de la demi-finale de la Coupe de France de foot entre Bastia et l’Olympique de Marseille (OM), la tribune Nord du stade de Furiani s’effondre.

"Ici le soleil décline et l'ambiance monte"

Juste avant le drame, Michel Vivarelli, animateur de RCFM, la radio locale de Radio France, s’exclame à l'antenne : "Ici le soleil décline et l’ambiance monte".

Puis les auditeurs entendent un immense fracas suivi d’un silence assourdissant. L'animateur est mort et ses derniers mots ornent désormais le chemin qui mène jusqu’au mémorial des victimes du 5 mai 1992, entièrement réhabilité pour le 25e anniversaire du drame.

18 morts et plus de 2 000 blessés

Michel Vivarelli et Michel Mottier, le technicien qui l'accompagnait, sont loin d'être les seules victimes puisque 10 000 personnes avaient pris place sur l'installation provisoire de ce stade du nord de la Corse, alors que les joueurs, eux, étaient encore dans le vestiaire.

Au total, 18 personnes sont tuées, environ 2 300 sont blessées.

Bernard Tapie : "C'était un cauchemar"

Parmi les personnes présentes ce jour là, il y a Bernard Tapie, à cette époque président de l’OM et ministre de la Ville. Il n'a pas été blessé mais il reste profondément marqué par ce drame.

Un cauchemar, un des pires cauchemars de ma vie. (..) Des gens, des cris, des morts, c’était une horreur. C’est gravé dans ma mémoire pour toute mon existence

Le président de Bastia Jean-François Filippi avec Bernard Tapie, le 5 mai 1992, quelques minutes avant que la tribune ne s'effondre au stade de Furiani
Le président de Bastia Jean-François Filippi avec Bernard Tapie, le 5 mai 1992, quelques minutes avant que la tribune ne s'effondre au stade de Furiani © AFP / TOUSSAINT CANAZZI

Jacques Vendroux, directeur des Sports de Radio-France a lui échappé de peu à la mort et a été grièvement blessé.

Vous y pensez tous les jours (...) Quoi qu’il arrive. Vous voyez une ambulance, un handicapé physique, sans arrêt ça vous ramène à Furiani

L’hommage du foot français

Ce vendredi 5 mai 2017, un hommage sera rendu aux victimes du drame de Furiani, lors du match de la 36e journée de ligue 1 entre Saint-Etienne et Bordeaux (20h45) , ainsi qu’avant sept rencontres de Ligue 2. La ligue de football professionnel (LFP) précise que ce sera "une minute de silence ou d’applaudissements".

Un collectif des victimes du 5 mai, porté par Lauda et Josepha Guidicelli, filles du journaliste Pierre Guidicelli, disparu dans la catastrophe, demande depuis plusieurs années l’annulation complète de tous les matchs à cette date.
Mais le message a du mal a passer auprès des instances nationales ; d’ailleurs la LFP avait maladroitement programmé une rencontre du club bastiais contre le PSG le 5 mai, 25 ans pile après le drame de Furiani, avant de rectifier le tir.

Le constructeur de la tribune provisoire condamné à de la prison ferme en 1995

A l'issue du procès de la catastrophe, en 1995, un seul des 13 prévenus initialement poursuivis, constructeur de la tribune provisoire, avait été condamné à une peine de prison ferme (deux ans).

Huit autres prévenus, dont des responsables du club, de la Ligue corse ou de la Fédération Française de football ainsi que l'ancien directeur de cabinet du préfet, avaient eux été condamnés à du sursis ou des amendes.

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