Mahmoud Ahmadinejad, actuel président iranien
Mahmoud Ahmadinejad, actuel président iranien © Reuters / Lucas Jackson

Qui succédera à Mahmoud Ahmadinejad à la tête de la République islamique d'Iran ? Environ 50 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, et quel que soit le vainqueur, la politique étrangère et nucléaire ne changera pas beaucoup.

La campagne électorale s'est achevée jeudi matin, et il est difficile de savoir qui l'emportera. La dispersion du camp conservateur, qui présente cinq candidats, pourrait favoriser les desseins du religieux Hassan Rohani, seul modéré en lice, et conduire à la tenue d'un second tour une semaine plus tard.

Pour Karim Lahidji, président de la Ligue iranienne des Droits de l'homme, ce n'est pas une élection libre. Il répond à Claire Servajean.

Ouverture des bureaux de vote en Iran
Ouverture des bureaux de vote en Iran © Jean-Marie Porcher / Jean-Marie Porcher

Le résultat, quel qu'il soit, affectera peu la politique étrangère et nucléaire de l'Iran, qui obéit avant tout aux choix de l'ayatollah Ali Khamenei, le "guide suprême" de la Révolution islamique.

Le président iranien peut cependant influer sur le ton de la politique étrangère de Téhéran par le choix de ses déplacements, puisqu'Ali Khamenei ne quitte pas le pays.

Reportage de Christian Chesnot à Téhéran

De plus, les candidats ont presque tous manifesté leur intention d'assouplir l'attitude de l'Iran lors des négociations internationales sur la poursuite de son programme nucléaire.

Seul Saïd Jalili, l'actuel négociateur en chef sur la question nucléaire et candidat le plus en vue du camp conservateur, souhaite que Téhéran, soupçonné par l'Union européenne et les Etats-Unis de chercher à se doter de l'arme atomique, conserve son intransigeance, malgré la multiplication des sanctions.

Le nouveau président devra en outre tenter de redresser l'économie, durement touchée par les sanctions internationales et la gestion du pays par Mahmoud Ahmadinejad, qui a fait décoller l'inflation et que les candidats en lice s'accordent à juger calamiteuse.

Le Guide veut un candidat docile

Téhéran, capitale iranienne
Téhéran, capitale iranienne © Jean-Marie Porcher / Jean-Marie Porcher

La majorité des analystes jugent cependant peu probable qu'Ali Khamenei laisse élire un candidat aussi peu docile que Mahmoud Ahmadinejad.

Malgré son appartenance au camp conservateur, le président sortant, qui ne pouvait se représenter, s'est fréquemment opposé aux élites religieuses, en particulier lors de son second mandat de quatre ans.

Désormais, l'Iran se prépare à l'après-Ahmadinejad. Christian Chesnot.

La principale crainte d'Ali Khamenei reste manifestement l'éclatement de troubles semblables à ceux de juin 2009, lorsque le scrutin présidentiel avait été suivi d'un vaste mouvement de contestation dans la rue contre la réélection jugée frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad.

Les candidats à la présidentielle iranienne
Les candidats à la présidentielle iranienne © IDÉ

En conséquence, la campagne a obéi à des règles plus sévères, par exemple en ce qui concerne les débats. La candidature de l'ancien président modéré Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, qui bénéficie de la sympathie du camp réformiste, a été, elle, rejetée par le Conseil des gardiens de la révolution.

Bien qu'il soit difficile de mesurer l'évolution de l'opinion publique, en l'absence de sondages indépendants, les suffrages réformistes semblent se rassembler autour de Hassan Rohani, ancien négociateur de Téhéran sur le dossier nucléaire qui a obtenu les soutiens d'Ali Akbar Hachemi Rafsandjani et d'un autre ancien président, Mohammad Khatami.

Des photographies diffusées sur les réseaux sociaux montrent que des rassemblements conséquents se sont tenus mercredi soir à Téhéran en faveur de Hassan Rohani, même si ses adversaires ont également mobilisé un grand nombre de partisans.

Si Hassan Rohani a notamment fait montre de modération lors de négociations sur le nucléaire avec les pays occidentaux, entre 2003 et 2005, il reste en matière de politique étrangère fidèle à la ligne de Téhéran, et a encore accusé jeudi Israël de mener une campagne de désinformation sur le programme atomique de l'Iran.

Hassan Rohani a déclaré au journal saoudien Chark al Aoussat:

Si je suis élu président de ce pays, je mettrai en pratique ces convictions en regagnant la confiance de la communauté internationale et en révélant ces motifs inavoués. Les Etats-Unis et leurs alliés doivent mettre fin à cette tromperie.

lien image webodc iranian stories
lien image webodc iranian stories © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.