Etienne Noël, avocat
Etienne Noël, avocat © Max PPP / Stéphanie Péron Jaume

Le tribunal administratif de Rouen a jugé ce matin que les conditions de détention à la maison d'arrêt de Rouen portaient atteinte à la dignité humaine, dans 77 dossiers déposés par l'avocat Etienne Noël. Me Noël n'a pas encore pris connaissance de tous les jugements, mais il estime que l'Etat devra verser au total près de 180 000 euros pour indemniser le préjudice moral de ces prisonniers.

Le tribunal a ainsi confirmé sur le fond des décisions rendues en référé en juin 2011. Il a en revanche écarté une vingtaine de dossiers, surtout pour des détenus ou anciens détenus qui n'avaient pas payé la contribution de 35 euros, exigée depuis le 1er octobre 2011 pour saisir la justice.

A Rouen comme dans d'autres établissements, les détenus se plaignent de devoir cohabiter à deux ou trois dans des cellules d'une dizaine de m2, sans vraie séparation (autre qu'un petit muret) ni aération spécifique pour les toilettes. "On suspend nos draps pour avoir un peu d'intimité et on brûle des peaux d'orange pour l'odeur" témoigne un détenu. Les détenus qui ne peuvent pas s'acheter de plaques électriques font chauffer leur cantine dans une boite de fer en brûlant un bout de serpillière trempé dans l'huile. "Mon plus gros problème c'est l'odeur, le bruit, les cris, la saleté" poursuit ce détenu dans un questionnaire remis à Me Noël, où il signale aussi la présence de puces.

Depuis la première condamnation obtenue le 27 mars 2008 devant ce même tribunal administratif de Rouen, Etienne Noël multiplie les procédures. 90 plaintes de détenus doivent encore être examinées en référé cet été. L'avocat, aujourd'hui secrétaire national de l'OIP (observatoire international des prisons, section française), veut frapper l'Etat au portefeuille pour tenter de faire bouger l'administration pénitentiaire.

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Etienne Noël a expliqué son action à Hélène Fily.

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