Réunis pour deux jours de sommet européen, Paris, Berlin et Rome veulent une nouvelle impulsion pour l’Europe, alors que Londres temporise sa sortie de l’union.

F.Hollande, A.Merkel et M. Renzi à Berlin, le 27 juin 2016
F.Hollande, A.Merkel et M. Renzi à Berlin, le 27 juin 2016 © WOLFGANG KUMM

En préambule à ce sommet européen de Bruxelles, la France, l'Italie et l'Allemagne se sont d'abord retrouvés lundi soir à Berlin pour établir leur stratégie post-Brexit, avec la ferme intention de ne pas laisser trainer les modalités de divorce : à la veille de ce sommet européen de Bruxelles de deux jours, les trois leaders de l’Union ont appelé la Grande-Bretagne à respecter son calendrier, et à enclencher l’article 50 du traité de Lisbonne (qui officialise sa demande de sortie de l’Europe) dès que possible, sans lequel aucune négociation ne sera envisageable.

Nouvelle impulsion pour l’Europe

Pour François Hollande, les britanniques vont devoir jouer le jeu : "La responsabilité c’est de ne pas perdre de temps, ni pour traiter convenablement la sortie du Royaume Uni, pas perdre de temps non plus pour la nouvelle impulsion que nous voulons donner à l’union européenne à 27" . Et pour marquer cette nouvelle impulsion, rien de tel que de remettre quelques dossiers majeurs sur la table ( sécurité, migrants, croissance…), pour redistribuer les cartes convenablement avec les participants restants.

La jeunesse, notamment, apparait comme un sujet prioritaire pour Angela Merkel : " La majorité des jeunes Britanniques ont voté pour le maintien dans l’Union Européenne. Dans tous nos pays, la jeunesse a des attentes légitimes, et nous devons discuter pour voir comment nous pouvons renvoyer un signal spécifique aux jeunes européens ".

Cameron se refuse à enclencher le Brexit

Ce sommet européen, sans doute le dernier pour le Premier ministre britannique, ne devrait pourtant pas apporter les réponses attendues pour cette application concrète du Brexit. David Cameron l’a redit lundi : il n’activera pas l’article 50, et estime que cette décision, qu’il ne soutient pas, revient à son successeur. Une posture pour laquelle il ne sera pas attendu à bras ouvert lors de ce sommet européen…

Mais pour Cameron, temporiser permet de garder -encore un peu- le Royaume-Uni dans l’Union Européenne, quitte à redonner espoir aux anti-Brexit qui multiplient les appels à un second référendum. Une stratégie qui piège aussi Boris Johnson, son probable successeur, et le force ainsi à patienter.

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