Kidal, dernière grosse ville du nord-Mali est aux mains de l'armée française depuis la nuit dernière. La ville est située près de la frontière algérienne. Ce fief des Touaregs a été abandonné par les groupes islamistes. Les Touaregs, eux, revendiquent toujours l'indépendance de la région dans un contexte politique très tendu.

Ecoutez Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabo-musulman au micro d'Angélique Bouin

Face aux risques d'exactions, les populations du nord se sentent menacées : des centaines de personnes ont fui Kidal vers des villages plus au nord, vers l'Algérie, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU.

La situation mercredi matin à Kidal, Sébastien Paour et Gilles Gallinaro

un contingent de la cédéao rejoint les forces françaises et maliennes
un contingent de la cédéao rejoint les forces françaises et maliennes © reuters

Les rebelles touaregs du MNLA, le mouvement national pour la libération de l'azawad (le nord du mali) ne veulent pas que les soldats africains interviennent dans le nord du mali. Ils considèrent que ce territoire est le leur et demandent à pourchasser eux mêmes les djihadistes qui se sont réfugiés dans le désert. De son coté, la France s'active pour favoriser la réconciliation nationale entre toutes les ethnies.

Les précisions de Dominique André

A Tombouctou et à Gao, des soldats maliens, appuyés par des militaires français, ont découvert des caches d'armes et d'explosifs. Les deux villes ont été abandonnées par les combattants islamistes après dix-huit jours de raids aériens et de progression à terre des forces franco-maliennes. Les djihadistes se sont repliés dans les montagnes difficilement accessibles du nord-est du pays ou bien se sont fondus dans la population.

Hier, le gouverneur de la région de Gao, dont l'administration avait été installée dans la capitale malienne revenait pour la première fois depuis la prise de la ville par les islamistes.

Le reportage de Sébastien Paour et Gilles Gallinaro

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a précisé que la France était favorable au "déploiement rapide" d'observateurs internationaux au Mali afin de limiter les exactions :

Pour répondre aux risques d'exactions, nos forces ont reçu pour consigne de se montrer d'une extrême vigilance. Je précise toutefois que le Comité international de la Croix-Rouge n'a confirmé à ce jour aucun des faits qui ont été rapportés sur ce sujet par certaines organisations non gouvernementales. Le gouvernement français est néanmoins favorable au déploiement rapide d'observateurs internationaux qui veilleront au respect des droits de l'Homme.

Jean-Marc Ayrault au micro de Kevin Blondel

La France entend passer dès que possible la relève à la force ouest-africaine mise en place avec l'accord de l'Onu, la Misma, a dit le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, lors d'une conférence de pays donateurs à Addis-Abeba.

Les pays représentés à Addis-Abeba ont promis 455 millions de dollars. Cette somme englobe aussi l’indispensable aide humanitaire et au développemen. On estencore loin des 960 millions jugés nécessaires pour que le pays puisse stabiliser définitivement la situation. Pourtant, les organisateurs de cette conférence des donateurs s’estimaient satisfaits, jugeant que le processus était enclenché.

Grégoire Pourtier à Addis-Abeba

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a quant à lui annoncé que son gouvernement espérait organiser le 31 juillet des élections "crédibles".

l’armée française contrôle l’aéroport de la ville malienne de kidal
l’armée française contrôle l’aéroport de la ville malienne de kidal © reuters

La fin de la guerre ?

Selon le ministre des Affaire étrangères, Laurent Fabius :

Libérer Gao et Tombouctou très rapidement faisait partie du plan. Maintenant, c'est aux pays africains de prendre le relais. Nous avons décidé de mettre les moyens en hommes et en matériel pour réussir cette mission et frapper fort. Mais le dispositif français n'a pas vocation à être maintenu. Nous partirons rapidement.

Le Royaume-Uni a de son côté annoncé un renforcement de son assistance logistique aux forces françaises au Mali ainsi que l'envoi de 40 soldats dans le cadre d'une mission européenne de formation des troupes gouvernementales maliennes.

Quelque 200 soldats vont en outre participer à des missions semblables dans les pays anglophones d'Afrique de l'Ouest a ajouté le porte-parole du Premier ministre, David Cameron, répétant qu'aucun militaire britannique ne prendrait part aux combats.

Londres envisage par ailleurs d'envoyer 70 hommes supplémentaires dans la région pour mener des opérations logistiques et de soutien.

Franck Mathevon à Londres

Toujours plus au Nord ?

Où sont les Islamistes ?
Où sont les Islamistes ? © Radio France
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lien_dossier_mali © Radio France
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