En allant à Lille , je me disais "tiens, on va pouvoir voir quelques trouvailles d’art contemporain". Ce fut le cas avec Collector, la sélection des œuvres du Centre National d’Art Plastiques. Cette collection, c’est un peu celle de tout le monde, achetée avec l’argent public, et elle contient des œuvres de Man Ray, Roberto Matta, Bertrand Lavier, Gérard Deschamps, Georges Filliou, bref quelques bonheurs exquis.

blogcs remanence
blogcs remanence © Radio France / C Siméone

Mais la surprise à Lille en ce moment vient d’ailleurs. Elle se trouve au Palais des Beaux-Arts, et se nomme Boilly . En voyant l’affiche je me suis dit « Oh non, pas la peinture du XIXème ! ». Comme j’ai un compagnon très motivé par ces vieilleries, j’ai dû y aller et franchement faites comme moi, ALLEZ-Y . Ce Boilly est un excellent témoin de son temps ; ce ne sont pas tant ses portraits de Robespierre ou Lafayette qui m’ont intéressée queles scènes de la vie de tous les jours , déménagement, femmes qui se battent dans une boutique, séance de vaccination par exemple. Ses peintures façon estampes rendent des drapés blancs de robes à croquer, (oui je dis bien qu’on croquerait ces œuvres – le tissu à l’air de papier dont on entend le bruit du froissement

Par-dessus tout, ce peintre de la réalité avant Courbet, est peut-être un Dada d’avant-garde sans le savoir. Les objets, papiers collés, verres brisés, ont pris une importance de premier plan dans certains de ses travaux en trompe-l’œil.C'est comme un phénomènde rémanence à l'envers.

Boilly, Trompe l’œil aux dessins et aux Savoyards - v.1804‐1807  Huile sur toile - 54 x 64,5 cm  Paris, Musée du Louvre © RMN –
Boilly, Trompe l’œil aux dessins et aux Savoyards - v.1804‐1807 Huile sur toile - 54 x 64,5 cm Paris, Musée du Louvre © RMN – © christine simeone / christine simeone

Boilly, plus ancien que tous, m'en rappelle bien d'autres. Courbet, Schwitters, Arman, mais aussi Duchamp.

Mr Oberkampf trompe-l'oeil à la vitre brisée
Mr Oberkampf trompe-l'oeil à la vitre brisée © christine simeone / christine simeone

Ce portrait que Boilly appelle « Portrait d’un homme au verre brisé » me fait penser, par association de mots, au "Grand Verre" de Marcel Duchamp, bien plus tardif. Un jour la plaque de verre de l'oeuvre de Duchamp fut brisée, et il accepta que le hasard de la brisure vienne modifier son œuvre.Dans "Le soir qui tombe" de René Magritte, on voit aussi une fenêtre brisée s'ouvrant sur le ciel.

A voir jusqu’au 6 février – Palais des Beaux-arts de Lille > Au sujet d’Arman, le site historique > Pour ce blog, Textes © Christine Siméone

Photos © Christine Siméone sauf indication

blogcs signature C Simeone
blogcs signature C Simeone © Radio France / C Siméone

Remerciements à

Valeria Emanuele, au web de France Inter twitter.com/valeriae

Annelise Signoret, du service documentation de Radio France __

Sophie Raimbault, assistance du service Culture de la rédaction de France Inter

Ghislaine Delubac et son équipe de l'agence Apocope

Guillaume Ducongé

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