Le Sidaction oriente son action dans deux domaines : la recherche, la prévention et l'aide aux malades en France et dans le monde.

La recherche

  • Avec 90€, vous permettez à un technicien de recherche d'explorer de nouvelles pistes innovantes fondamentales sur le VIH pendant toute une journée.

  • Avec 150€, vous financez une analyse du génome viral nécessaire pour connaître les mutations du virus pouvant être à l’origine de la résistance aux médicaments antirétroviraux.

La prévention et l'aide aux malades en France

  • Avec 60€, une association assure une demi-journée de permanence dans un centre de dépistage.

  • Avec 70€, vous aidez à mener une action de prévention dans une classe de trente élèves.

La prévention et l'aide aux malades à l'international

  • Avec 60€, vous permettez à un malade africain de bénéficier des soins médicaux et d’une trithérapie pendant un mois.

  • Avec 150€, vous prenez en charge les frais de scolarité d’un enfant pendant un an au Burundi.

Comment est utilisé l'argent du Sidaction par Danielle Messager

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Ali Saïb
Ali Saïb © Radio France / Jean-Luc de Laguarrigue

D’une énergie intarissable et communicative pour la science et la recherche et leur lien avec la société, Ali Saïb est un jeune professeur de recherche insatiable. Il mène de multiples activités de recherche, d’organisation, de transmission, de médiation, avec des talents de communicant qu’il met au profit de tous. Portrait d’un homme enthousiaste et enthousiasmant.

Son premier contact avec la recherche date du lycée, à la fin des années 80. Ali Saïb se souvient de la découverte de ce champ méconnu et « d’une entité nouvelle et dangereuse pour l’homme : les virus ». C’est en cours d’anglais qu’une publication scientifique lui a été présentée pour la première fois. Cette dernière dévoilait le séquençage du VIH-2. « Plus tard, dans mon parcours, j’ai eu l’occasion de rencontrer les auteurs de cet article » confie le chercheur, car à partir de là les choses sont allées plutôt vite « et j’ai toujours gardé en tête la lutte contre le VIH ». Et il décrit son chemin comme une série de rencontres et d’opportunités. Un récit d’où ressort une certaine force de travail avec laquelle tout, ou presque, parait possible.

En 1990, Ali Saïb quitte Marseille, sa ville natale, pour faire un DEA (Master 2) de science en base fondamentale de l’oncogenèse à l’université Paris VII. Son stage se passe à l’Institut Universitaire d’Hématologie à l’hôpital Saint Louis dans un environnement pluridisciplinaire qui alimente pleinement son développement scientifique. Il y fait des rencontres majeures. Notamment celle du Professeur Georges Périès, un des pionniers de la rétrovirologie, qui bien avant la découverte du virus du sida, dans les années 1970 avait ramené des Etats-Unis le rétrovirus foamy non pathogène, modèle d’étude des rétrovirus. Ce dernier, dirige sa thèse et influence fortement son ancrage en virologie. C’est là, en travaillant avec un jeune chercheur venant d’une autre spécialité, Hugues de Thé, qu’Ali Saïb mettra en évidence les mécanismes de la persistance virale chez ces virus. Hugues de Thé est alors jeune biologiste moléculaire venant de l’Institut Pasteur pour apporter son expérience dans la compréhension des mécanismes à l'origine d'une leucémie et de son traitement. « J’ai tout de suite vu qu’Ali était un jeune chercheur brillant, dès que j’ai été à la direction de l’unité j’ai souhaité qu’il puisse créer une équipe » raconte-t-il, à la direction de l’unité depuis 1996, « cela a permis de maintenir un axe virologie dans le laboratoire et à l'institut universitaire d'hématologie ». Cette proximité entre chercheur de différents domaines permet le « décloisonnement », un mot cher à Ali Saïb qui prend tout son sens lorsque l’on essaie d’avoir une approche globale face à une question scientifique.

Considérant l’importance d’avoir cette vision élargie dans son domaine de recherche, l’équipe d’Ali Saïb se focalise aujourd’hui sur « trois modèles viraux, le VIH, le retrovirus foamy et un virus levure. Trois volets d’une même histoire évolutive.» Plus précisément, il s’agit pour son laboratoire, d’étudier les stades précoces de l’infection. Par exemple, le rôle de la modification de protéines virales par des enzymes cellulaires en tout début de réplication. Le VIH est resté central dans l’orientation des recherches d’Ali Saïb, « bien que ce ne soit qu’en 2006 que le laboratoire ait pu vraiment structurer le volet VIH » nous indique le chercheur, avec l’arrivée d’une jeune virologue, Alessia Zamborlini, travaillant sur le VIH, venant d’un doctorat fait aux Etats-Unis. « Aujourd’hui, le VIH occupe une place importante dans le travail du laboratoire avec 5 personnes sur les 10 membres de l’équipe, pour moi c’était très important, pour des raisons sociétales.» Faisant référence au problème majeur de santé publique que représente ce virus et à la nécessaire implication de l’ensemble des acteurs dans la lutte contre le sida.

Et allant encore plus loin, A. Saïb précise que « dans la recherche sur le VIH les chercheurs doivent prendre conscience qu’ils font parti d’un tout avec les patients, les soignants, les acteurs de la préventions, les chercheurs des autres disciplines, par exemple les sociologues ou épidémiologistes, les associations et les politiques…, c’est un vrai travail global. Les questions qu’on se pose dépassent largement le chercheur qui est un élément, important d'un écosystème plus vaste.» C’est cette notion de « filiation » que l’enseignant-chercheur souhaite faire passer auprès des jeunes qu’il n’a cessé d’accueillir dans son laboratoire depuis son doctorat. Pour lui « la recherche s’est avérée ne pas être l’univers, qu’il avait initialement en tête » explique-t-il. C’est un monde qui reste souvent réservé à ses acteurs directs et, selon Ali Saïb, cela ne devrait pas être le cas. C’est probablement pour cela qu’il a voulu rendre cet univers accessible à tous et en priorité aux plus jeunes.

« Dans les missions du chercheur, il y a la transmission et la médiation» et Ali Saïb multiplie les tâches : cours, présentation grand public, participations dans diverses commissions,… pour partager sa passion. « J’ai accepté très rapidement de donner des cours ce qui m’a conduit à intégrer l’université Paris VII en 2005 en tant que Professeur ». Il institue aussi sa démarche auprès des plus jeunes en créant l’Arbre des Connaissances, l’Association pour la Promotion des Sciences et de la Recherche (APSR) avec Dominique Vitoux, un collègue practicien hospitalier. Un fonctionnement original qui invite un binôme -collégien- lycéen à venir en stage tout au long de l’année dans un laboratoire pour suivre un projet de recherche. «Connaître les différents métiers du laboratoire (et ils sont nombreux), le travail en équipe et en réseau, la démarche scientifique, la place de l'erreur, du débat » est essentiel pour Ali Saïb. Un vrai succès ! Les laboratoires sont de plus en plus nombreux à s’associer à cette initiative et de nouveaux partenariats avec les établissements scolaires mais également avec le monde socio-économique voient le jour chaque année.

Animé par cette passion, Ali Saïb est aussi l ’auteur avec Jean Crépu en 2006, d’un documentaire sur les virus : « Dr virus et Mr Hyde » diffusé par France 5, et qui a remporté plusieurs prix. Il a également été responsable d’un cycle de conférences Universsciences : « La face cachée des virus », en 2010. Pour lui, « nous sommes tous des acteurs de la recherche et la société civile doit prendre part aux réflexions dans ce domaine ».

Toujours en mouvement et à la fois bien ancré dans son laboratoire à Saint-Louis depuis presque 20 ans, un fil rouge qui « est un véritable moteur », l’enseignant-chercheur a saisi l’opportunité en 2008 d’enseigner aux adultes. Il raconte : « j’ai intégré le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) pour animer le département de biologie et des sciences du vivant comme Professeur du Cnam » et en 2009, il accepte d'animer la direction de la recherche que lui confe l'Administrateur général de ce grand établissement, Christian Forestier. « Faire le même métier toute sa vie n'est plus d'actualité, on va en changer plusieurs fois. Aussi, se former tout au long de la vie est une nécessité » explique Ali Saïb. Son cocktail de réussite rassemble travail, plaisir, rencontres, partages et respect de l’autre et des complémentarités, pour ce chercheur qui nous fait prendre conscience que nous participons tous à cette avancée du front des connaissances. « Ce n’est pas tout de rendre compte à la société, il faut aussi l’impliquer dans les choix et les orientations scientifiques. Nous devons faire de la co-construction et tout reste à mettre en place ».

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