C'est un témoignage exceptionnel : celui d’Abdelhamid Hakkar, libéré après 27 ans de détention. ll a longtemps été l’un des plus anciens prisonniers de France. Il est sorti en liberté conditionnelle il y a tout juste un mois, le 18 mars dernier.

Abdelhamid Hakkar
Abdelhamid Hakkar © Radio France / Corinne Audouin

Condamné à la réclusion criminelle à la perpétuité pour le meurtre d’un policier au cours d’une course poursuite, en 1984, Abdelhakim Hakkar n’a cessé de multiplier les recours.

Pour contester les conditions de son procès, d’abord. Il a obtenu la condamnation de la France en 1995 par la Cour européenne des droits de l’homme, pour absence de procès équitable.

Il s’est ensuite mobilisé contre ses conditions de détention, entre ses transferts incessants (cinquante en tout) et ses placements à l’isolement (douze années). Il était l’un des « dix de Clairvaux » qui dénonçaient en 2006 les longues peines comme une « mort à petit feu ».

Il a aussi fait quatre tentatives d'évasion, et suivi quatre grèves de la faim.

De quoi dresser le portrait d’un détenu peu ordinaire, à qui l’on a fait payer ses recours procéduriers, en retardant plusieurs fois sa sortie, alors qu’il était libérable depuis de plusieurs années, et malgré les nombreuses démarches de son avocate depuis 12 ans, Marie-Alix Canu-Bernard.

Après 27 années derrière les barreaux, Abdelhakim Hakkar réapprend aujourd’hui à vivre, avec un bracelet électronique, puisqu’il est en liberté conditionnelle jusqu’en mars 2013.

Il vit et travaille aujourd’hui à Besançon, dans un organisme rattaché à la région, un emploi trouvé grace à une association de réinsertion. Il fait aussi du bénévolat pour l’association Caritas.

Comment revit-on après trois décennies coupé du monde ?

Corinne Audouin lui a posé la question.

Vous êtes dépassé par tout

Cinq ans d'isolement c'est pour vous détruire

Abdelhamid Hakkar revient sur les raisons de son combat acharné contre la justice et l'administration pénitentiaire : une façon pour lui de donner un sens à sa détention, et de retrouver la confiance de sa famille, qu'il a le sentiment d'avoir trahie en tombant dans la délinquance.

Sur 27 années de prison, il en passé 12 à l'isolement, dont 5 ans et demi d'affilée.

target="_blank" href="#"> ![Lecture](sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png) > **La prison est encore autour de ma cheville, mais ce bracelet ça me fait comme un sas entre la prison et les tentations** Aujourd'hui, Abdelhamid Hakkar vit encore sous surveillance, celle d'un bracelet électronique, jusqu'en mars 2013. Une contrainte, certes, mais qui le rassure, en lui permettant une réinsertion progressive dans la société.
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