Abdoulaye Wade contraint à un deuxième tour par Macky Sall

Les résultats officiels du premier tour ont été annoncés mercredi soir par la Commission nationale de recensement des votes à Dakar. Pas de surprises, le second tour mettra face à face Abdoulaye Wade (34,8%) et Macky Sall (26,6%).

Abdoulaye Wade a officiellement reconnu mardi la nécessité d’un deuxième tour. Le président sortant ne semble pas disposer d’une réserve de voix, à part chez les abstentionnistes du premier tour (40%). Les tractations vont donc aller bon train pour tenter de trouver des soutiens.

Abdoulaye Wade

### Macky Sall appelle au rassemblement de l'opposition Mercredi, lors de sa première conférence de presse depuis le scrutin de dimanche, Macky Sall a promis une réforme constitutionnelle pour réduire le mandat présidentiel à cinq ans, et s'est engagé à respecter la limitation à deux du nombre de mandats. "J'appliquerai cette réforme à moi-même", a-t-il souligné alors qu’Abdoulaye Wade a choisi de briguer un troisième mandat. _Macky Sall_
Jeudi, M23, c'est à dire Le Mouvement du 23 juin, réunion d'opposition et de société civile, a appelé à voter pour Macky Sall pour "porter l'estocade finale" à Wade. Alioune Tine, le coordonnateur du M23, a demandé à tous les candidats de l'opposition, lors d'une conférence de presse "de faire preuve de patriotisme politique, taire leurs problèmes personnels pour l'intérêt supérieur du Sénégal". Un peu plus tôt dans la journée Youssou Ndour avait également appelé à voter Macky Sall, suivi vendredi par le collectif de jeunes "Y en a marre", très actif durant la campagne. _Portrait de celui qui pourrait être le futur président du Sénégal par Nour-Eddine Zidane_
La date la plus probable du second tour entre Abdoulaye Wade et Macky Sall est le 18 mars. ### Les premiers résultats partiels et les estimations ont dès lundi fait apparaitre la probabilité d'un deuxième tour
Une de Le Quotidien
Une de Le Quotidien © Radio France / Jean-Marie Porcher
Alors que le dépouillement se poursuivait, durant la nuit l’équipe de campagne de Macky Sall, l’un des anciens premiers ministres du Président Wade a communiqué à la presse des estimations basées sur des résultats partiels. Selon ces estimations, le second tour pourrait opposer Abdoulaye Wade et Macky Sall. L’opposant serait au coude-à-coude avec Abdoulaye Wade "autour de 32 %" et Macky Sall autour de "28 %". Près de 500 personnes ont chanté et dansé une partie de la nuit au QG de l'opposant, heureux déjà d'avoir évité une victoire au premier tour du président sortant. _Nour-Eddine Zidane_
### Les Sénégalais se sont fortement mobilisés pour le premier tour de la présidentielle. Les bureaux de vote ont fermé officiellement dimanche à 18h (19h à Paris), toutefois à Dakar certains bureaux dans lesquels des électeurs attendaient encore de voter ont retardé l'heure de la fermeture. Selon la Commission nationale électorale autonome qui contrôle les élections, le taux de participation au de dimanche serait autour de 60%, selon des chiffres provisoires.
Encre violette pour la sincérité du scrutin
Encre violette pour la sincérité du scrutin © Radio France / Jean-Marie Porcher
**Les bureaux de vote avaient ouvert ce matin à 8h pour les plus de cinq millions de sénégalais appelés à choisir leur nouveau Président pour les sept ans à venir.** Une élection sous tension, marquée par la candidature controversée d'Abdoulaye Wade, 85 ans, qui brigue un troisième mandat de sept ans après douze ans passés à la tête du pays. Le président avait pourtant lui-même fait modifier la Constitution en 2001 pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, mais il juge que cette limite ne s'applique pas à son cas personnel, puisqu'il a été élu avant la révision constitutionnelle...Le Conseil constitutionnel, dont les juges ont été nommés par le président, s'est rangé à cet argument et a validé sa candidature. Abdoulaye Wade qui avait réduit la durée du mandat à cinq ans, a décidé en 2008 de la porter de nouveau à sept ans. La candidature Wade est contestée par l'opposition qui appelle à un nouveau scrutin, sans sa participation, s'il devait être réélu. Les violences préélectorales ont fait de 6 à 15 morts et des dizaines de blessés en un mois et des appels au calme ont été lancés par Ban ki-Moon et par l'Union africaine. Face à Wade, 13 candidats représentent l'opposition.Une opposition partagée sur la meilleure stratégie à adopter.
File d'attente
File d'attente © Radio France / Jean-Marie Porcher
Forte affluence dans les bureaux de vote dés l'ouverture à 8h. De nombreux électeurs étaient déjà présents bien avant l'heure et les files d'attente s'allongent ([voir la galerie photo](http://www.franceinter.fr/galerie-photos/296577/diaporama "galerie photo")). _Nour-Eddine Zidane_
Journalistes et observateurs ont pu constater l’importance des files d'attente devant les bureaux de vote, tant à Dakar et ses banlieues que dans plusieurs villes de province. A Dakar, Abdoulaye Wade s'est fait huer alors qu’il se rendait dans son bureau de voté situé dans une école élémentaire de sa circonscription du quartier du Point E. Le Président, accompagné de son fils Karim et de sa fille Sindiély, a rapidement été entraîné par la sécurité alors que la foule criait en wolof "Wade, dégage", sans faire de déclaration aux nombreux journalistes présents Youssou Ndour, dont la candidature a été refusée par le Conseil constitutionnel, a voté dans le quartier Mermoz de Dakar. Le chanteur a prévenu que les Sénégalais "n'accepteront pas un coup de force électoral" et que donc le scrutin se doit d’être incontestable. _Youssou Ndour_
L’un des principaux adversaires d’Abdoulaye Wade, son ex-Premier ministre Idrissa Seck, a voté dans sa ville de Thiès, dans l’ouest du pays. L’opposant a répété que l’un ces quatorze candidatures est "illégale" et que les électeurs "doivent éliminer de leur choix", en référence à celle du président Wade. ### _"Le changement c'est dans les urnes, pas dans la rue"_ Au moins six morts et des dizaines de blessés, des manifestations durement réprimées. Des images qui ont fait peur à beaucoup et notamment à Senghe, un petit village de trois milles habitants où on veut le départ de Wade, mais pas en "détruisant les biens du pays. _Delphine Gotchaux_
Dans le bureau de vote
Dans le bureau de vote © Radio France / Jean-Marie Porcher
### L'inquiétude à quelques heures du scrutin Les sénégalais sont préoccupés. Le journal Le Quotidien titrait hier : "A vos armes" montrant une main brandissant une carte d'électeur. Pour Le Populaire c'est "l'heure de vérité". Les deux quotidiens rappellent que jamais une élection présidentielle au Sénégal n'a suscité autant de violences : au mois six morts jusqu’à aujourd’hui et des dizaines de blessés.
Ibrahima Fall, l'un des candidats à la présidentielle
Ibrahima Fall, l'un des candidats à la présidentielle © Radio France / Jean-Marie Porcher
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est "inquiet". L’Union Africaine est soucieuse de la situation potentiellement explosive au Sénégal et propose une "feuille de route" prévoyant que le président sortant Abdoulaye Wade quitte le pouvoir dans deux ans s'il est réélu -la durée du nouveau mandat présidentiel est de sept ans-. Cette proposition est faite par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, chef de la mission d'observation de l'UA et de la Cédéao, la Communauté économique et monétaire des Etats d'Afrique de l'Ouest. Pas suffisant pour l’opposition. Le M23 -coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile- propose l’organisation d'un nouveau scrutin, sans Abdoulaye Wade, dans un délai de six à neuf mois. _Omar Ouahmane_
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