[scald=101909:sdl_editor_representation]par Lefteris Papadimas et George Georgiopoulos

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce a enregistré une très forte participation des créanciers privés à son projet de restructuration de sa dette par échange de titres, le niveau de réponses dépassant même les prévisions les plus optimistes d'Athènes après l'expiration du délai de cette opération, vitale pour éviter au pays un défaut de paiement.

S'exprimant sous couvert d'anonymat, un responsable gouvernemental grec a dit que l'opération d'échange - il s'agit de la plus importante restructuration de dette souveraine jamais réalisée - avait recueilli un taux d'acceptation couvrant plus de 95% une heure avant la clôture de l'opération à 20h00 GMT.

Le ministre des Finances Evangélos Vénizélos a dit au gouvernement que l'opération se poursuivait sans surprise, a déclaré un ministre à la presse après une réunion du conseil des ministres.

La Grèce a déclaré qu'elle renoncerait à l'opération si elle n'obtenait pas au moins un taux de participation de 75%. Un taux de deux-tiers est nécessaire pour actionner un système juridique de clauses qui rendront l'accord opposable aux détenteurs récalcitrants.

Les résultats de l'échange devraient être annoncés sur le site web du ministère des Finances vendredi à 06h00 GMT.

La perte que doivent enregistrer les investisseurs en échangeant leurs anciens titres contre des nouveaux d'une valeur moindre est de 53,5% en termes nominaux. En termes de valeur nette actuelle, c'est-à- dire en prenant en compte les intérêts futurs, la décote sera en fait de 73 à 74%, ce qui devrait permettre à la Grèce d'effacer plus de 100 milliards d'euros de dette.

"Si tout va bien, nous pourrons annoncer demain que le peuple grec a été allégé d'un fardeau de 105 milliards d'euros de dette", a déclaré Evangélos Vénizélos devant le parlement. "Pour la première fois, nous réduisons notre dette au lieu de l'accroître."

DES HEDGE FUNDS PENSENT POUVOIR FORCER ATHÈNES À PAYER

Les Bourses européennes, Wall Street, l'euro, le pétrole ont nettement progressé à mesure que l'espoir de voir l'échange de dette se solder par un succès grandissait.

Un des principaux négociateurs pour les porteurs d'obligations, le directeur général de l'Institut de la finance internationale (Ifi) Charles Dallara, a dit jeudi anticiper une très forte participation des investisseurs à l'échange de dette grecque.

L'échange des titres de dette conditionne le déblocage par le Fonds monétaire international et l'Union européenne d'une aide de 130 milliards d'euros approuvée le mois dernier.

Si la Grèce ne reçoit pas les fonds avant le 20 mars, elle ne sera pas en mesure d'honorer 14,5 milliards d'euros de dettes arrivant à échéance et fera défaut.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent en principe s'entretenir vendredi après-midi par téléconférence pour donner leur feu vert définitif au déblocage de l'aide de 130 milliards d'euros. Ils pourraient toutefois ajourner leur décision finale lors de la réunion en bonne et due forme de l'Eurogroupe lundi.

Le Fond monétaire international a dit pour sa part qu'il prévoyait de se réunir autour du plan de sauvetage grec le 15 mars (au lieu du 13).

Le taux très élevé d'acceptation, s'il est confirmé, pourrait finalement inciter Athènes à ne pas activer les clauses d'actions collectives, les Cac, qui permettront de rendre l'accord imposable à la totalité des détenteurs des 177 milliards d'euros de dette de droit grec en circulation.

Le problème sera plus complexe avec les 18 milliards d'euros de dette de droit non grec. On s'attend à ce que certains fonds spéculatifs saisissent les tribunaux à ce sujet.

Selon trois sources proches du dossier, une partie de ces fonds ont déniche une faille juridique qui pourrait, à leurs yeux, contraindre la Grèce à rembourser une partie de sa dette.

Jean Décotte, Marc Joanny et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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