Jean-Louis Bruguière © Reuters et Michel Gonelle © MaxPPP
Jean-Louis Bruguière © Reuters et Michel Gonelle © MaxPPP © Reuters et MaxPPP

Nouveaux épisode dans l’affaire Cahuzac où la patate chaude de "l'enregisterment" se transmet de main en main, par interview interposée.

Dimanche Jean-Louis Bruguière déclare au site de Paris Match que Michel Gonelle lui a remis une copie d'un enregistrement en 2007, lorsque le magistrat s'est présenté contre Jérôme Cahuzac aux législatives, avec l’étiquette UMP. "Je pense aujourd'hui qu'il s'agit de l'enregistrement diffusé par Mediapart, mais je ne peux le certifier car je n'ai jamais écouté le contenu du support audio que Michel Gonelle m'a remis en 2007. Je ne l'ai ni utilisé, ni conservé considérant ce type de procédé douteux, contestable, non éthique", dit-il dans cet entretien diffusé sur le site de l'hebdomadaire, ajoutant avoir "détruit" l'enregistrement. Jean-Louis Bruguière ajoute que "jamais" il n'aurait "voulu être élu avec des procédés à son sens déloyaux", et qu’il a immédiatement "exclu Michel Gonelle" de son équipe de campagne.

Réponse du berger à la bergère, Michel Gonelle reconnait aujourd'hui avoir remis une copie de l’enregistrement à Jean-Louis Bruguière mais accuse ce dernier d'avoir fourni la bande à Mediapart. "Je ne sais pas comment cet enregistrement a atterri chez Mediapart. Je n'y suis pour rien mais le juge Bruguière y est certainement pour quelque chose" at-il confié à l'AFP.

Les explications de Franck Cognard

Médiapart, qui a sorti l’affaire début décembre, poursuit son enquête et affirme maintenant que des vérifications fiscales approfondies sont en cours sur le patrimoine du ministre. Selon le site d’information, ses déclarations au titre de l’ISF laisseraient apparaître des anomalies.

Samedi soir, la Direction générale des Finances publiques (DGFIP) a indiqué que l'ensemble des membres du gouvernement faisaient l'objet d'un examen de routine, mais qu'il n'y avait pas de contrôle spécifique visant Jérôme Cahuzac ce à quoi Médiapart répond que le ministre lui-même lui avait dit lors d’un entretien avec les journalistes du site, que le contrôle de routine visant les ministres était terminé.

Le site précise que l'expert-comptable de Jérôme Cahuzac a été convoqué le 19 décembre à la Direction générale des finances publiques pour s'y voir notifier les observations des responsables du service sur la déclaration ISF du ministre.

Médiapart conclu que Jérôme Cahuzac fait donc bien l’objet de vérifications fiscales approfondies.

C’est le 6 décembre dernier que Mediapart a diffusé une bande sonore dans laquelle un homme, présenté comme le ministre du Budget, parle de son compte en banque en Suisse.

Devant l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac a démenti catégoriquement avoir jamais possédé un compte dans ce pays. Son entourage et plusieurs médias ont mis en doute l'authenticité de l'enregistrement diffusé par Mediapart.

Après s'y être refusé, il a finalement annoncé le 19 décembre avoir demandé à la banque suisse UBS de dire si oui on non il a détenu un compte au sein de cet établissement afin de "clouer définitivement le bec" à ses accusateurs.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.