Comment les travaux de militants du web ont permis de scruter les archives du Parlement européen et de débusquer des irrégularités dans l'emploi des assistants des élus Modem.

Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg
Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg © AFP / Elyxandro Gomez

Les révélations de la cellule investigation de Radio France sur les assistants parlementaires du Modem ont notamment été rendues possibles grâce à un site internet – parltrack - qui permet de "remonter le temps" dans les archives du Parlement européen.
Si l’institution publie quasiment en temps réel la liste des assistants actuels de tous les eurodéputés, elle refuse en revanche de dévoiler le nom des anciens collaborateurs, dont l’identité était pourtant consultable publiquement durant la période où ils étaient en fonction. Du côté du Parlement, on justifie cette position par "le respect de la vie privée des collaborateurs parlementaires, et le droit à l’oubli dont ils doivent bénéficier".

Ces préventions compréhensibles d’un point de vue individuel se heurtent néanmoins au principe de transparence, s’agissant d’utilisation de fonds publics.
D’autant que les pratiques des parlementaires ne nous ont pas facilité la tâche : Certains eurodéputés du Modem ont "consommé" de nombreux assistants ces dernières années. Ainsi Marielle de Sarnez en a compté pas moins de 11 différents sur la période 2010-2017.

Travail de regroupement

Pour retracer cet historique, parfois complexe, et amorcer le travail de recoupement si essentiel dans notre enquête, nous avons reçu l’aide de Stefan Marsiske. Ce développeur hongrois a créé en 2011 le site parltrack.

"A l’époque, explique-t-il, je militais contre l’ACTA (accord commercial anti-contrefaçon, ACAC en Français), et pour tenter de convaincre certains députés, je devais connaître leur profil ".
Le site utilise des méthodes dites de "data scraping" consistant à "aspirer" toutes les données publiques d’un site, à les archiver et à les structurer afin de procéder à leur utilisation ordonnée. Parltrack est aujourd’hui utilisé par des ONG, des universitaires et des journalistes pour étudier l’activité du Parlement européen.

Malgré les difficultés que nous avons rencontrées sur ce sujet épineux (le Parlement européen n’a pas répondu à nos questions concernant cette affaire), Stefan Marsiske estime que "la transparence de l’institution bruxelloise s’est nettement améliorée ces dernières années. En revanche la Commission a encore des progrès à faire".

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