Copé, Hortefeux et Ziad Takieddine
Copé, Hortefeux et Ziad Takieddine © Radio France / Mediapart

Le juge Renaud Van Ruymbecke veut-il resserrer l'étau sur l'homme d'affaire Ziad Takieddine ? Il vient en tous cas de demander que son yacht soit vendu aux enchères. Le navire est amarré sur la Côte d'Azur. Il a été saisi comme les autres avoirs de Ziad Takieddine, qui est mis en examen notamment pour abus de biens sociaux et blanchiment dans le volet financier de l'affaire Karachi. La loi permet désormais au juge de le mettre en vente, sans attendre la fin de l'enquête. C'est un yacht de 24 mètres qui est à quai à Juan-les-Pins. Dans des documents que s'était procurés Médiapart, sa valeur était estimée à quatre millions d'euros, un bateau sur lequel Ziad Takieddine invitait ses amis, à l'occasion Brice Hortefeux et Jean-François Copé. Dans une ordonnance du 21 mai, le juge Van Ruymbecke a décidé de le confier à l'agence de gestion et de recouvrement des avoirs confisqués. Cette agence, créée il y a deux ans, peut vendre les biens saisis dans le cadre d'une enquête s'ils risquent de perdre de la valeur. C'est bien le cas, observe le juge, car le bateau "n'est pas au sec" et "risque de se dégrader". Il ajoute même que M. Takieddine ne "l'entretient pas et ne tient pas ses engagements". L'agence peut donc le mettre aux enchêres et consigner l'argent de la vente pendant dix ans. Si Ziad Takieddine était innoncenté la somme lui serait rendue. Ses avocates ont fait appel de cette décision : le juge a visiblement décidé d'accentuer la pression sur Takieddine, qu'il soupçonne d'avoir retiré à de nombreuses reprises des espèces en Suisse, et notamment pour financer la campagne d'Edouard Balladur en 1995.