Affaire Merah
Affaire Merah © REUTERS/Jean-Philippe Arles

Il y a un an Mohamed Merah entamait la série d'assassinats qui allait couter la vie à sept personnes, dont trois enfants, et faire deux blessés graves dont un militaire aujourd'hui paralysé. Le parachutiste Imad Ibn Ziaten a été la première victime du "tueur au scooter".

Ce matin, Latifa Ibn Ziaten, la mère bouleversée d'Imad, a dévoilé une plaque à la mémoire de son fils, à l'ombre d'un pin, avec l'aide du maire socialiste Pierre Cohen. "Ici le 11 mars 2012 a été lâchement assassiné l'adjudant Imad Ibn Ziaten, mort pour le service de la nation ", dit la plaque commémorative sur le lieu même où le parachtiste est tombé. L’adjudant sera décoré de la Légion d'honneur à titre posthume.

Le reportage à Toulouse, de Frédéric Bourgade

Ensuite, sur la base aérienne de Francazal à laquelle il était affecté, elle a reçu des mains du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian la Légion d'honneur décernée à titre posthume à son fils, au cours d'une seconde cérémonie

Sur la vaste esplanade autour de laquelle se tenaient les compagnons d'armes d'Imad Ibn Ziaten, Jean-Yves Le Drian a rappelé que "la mort fait partie de l'horizon de nos soldats. Ils savent la regarder en face, elle donne du sens aussi à leur engagement. Mais cette mort que vos camarades ont trouvée, ils n'étaient pas préparés à sa lâcheté".

Latifa Ibn Ziaten s'est dite à la fois "triste" et "fière". "Mon fils me disait toujours qu'il avait une deuxième famille, et cette famille, elle est ici", a-t-elle dit en évoquant le 1er RTP. "C'était la famille de mon fils, c'est ma famille à moi aujourd'hui".

Merah a-t-il eu d'autres complices que son frère ?

On sait aujourd'hui que Mohamed Merah n'était pas un loup si solitaire, que son évolution vers le terrorisme a été jalonnée de rencontres. Mais l'enquête n'a pas établi à ce jour d'autre complicité que celle de son frère aîné, Abdelkader, le seul mis en examen dans le dossier pour complicité d'assassinats.

Au cours de ses interrogatoires, il a nié toute implication dans les crimes, et a seulement reconnu avoir été présent lors du vol du scooter qui devait être utilisé lors des crimes. Il a confirmé la présence d'un troisième homme au moment de ce vol, dont il refuse de donner le nom.

Sara Ghibaudo

Dans ce dossier, cinq autres personnes ont été interpellées, avant d'être relâchées

"Des erreurs, des failles, des fautes" ont abouti à l’affaire Mérah

Il y a quelques jours, Manuel Valls reconnaissait "des erreurs, des failles, des fautes" dans le suivi des services de renseignement. Le ministre de l'Intérieur estime aussi qu'il faut établir la vérité pour "être plus forts". A la DCRI, le renseignement intérieur, quelques têtes sont tombées et quelques mesures ont été prises, mais une mission d'évaluation du renseignement a été commandée annonçant peut-être une nouvelle réforme.

Sara Ghibaudo

Pour Claude Guéant, il n'y a eu aucun défaut du côté des services français

Claude Guéant était l'invité de Marc Fauvelle dans Tous Politiques, hier. L'ancien ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy le reconnait bien volontiers, Mohamed Merah a "roulé" les services qui le surveillaient. "C'était quelqu'un qui avait une double personnalité, qui savait simuler", explique l'ex-ministre de l'Intérieur. Non, "il n'a jamais été un indicateur des renseignements français". Mais "on ne peut pas laisser dire que les services ont été inattentifs : nos services ont fait ce qu'ils pouvaient avant, pendant et après" l'affaire Merah.

Pour Claude Guéant, la DCRI a fait tout ce qu'elle pouvait.

On ne mélange pas l'Islam avec la haine

Latifa Ibn Ziaten, la mère du parachutiste Imad Ibn Ziaten
Latifa Ibn Ziaten, la mère du parachutiste Imad Ibn Ziaten © MaxPPP

Depuis un an Latifa Ibn Ziaten parcourt la France pour porter un message de prévention contre la radicalisation et la violence des jeunes. La mère d’Imad Ibn Ziaten a lancé une association "Imad Ibn Ziaten pour la justice et la paix" et le 6 mars 2013 elle a publié un livre "Mort pour la France - Modamed Merah a tué mon fils".

Latifa Ibn Ziaten, musulmane et mère de famille, rencontre souvent d'autres mamans des cités. Elle était récemment à Nanterre, dans les locaux d'une association de quartier "ZYVA". Et comme pour chacun de ses déplacements, c'est la responsabilité des parents qui était au centre des discussions.

Le reportage de Rémi Brancato

Mohammed Merah abattra ensuite le 15 mars deux autres parachutistes, Abel Chennouf et Mohamed Legouade, à Montauban, puis le 19 Jonathan Sandler, ses deux fils et une fillette du collège juif Ozar Hatorah à Toulouse.

Latifa Ibn Ziaten reviendra aujourd'hui sur les lieux de l'assassinat de son fils, et participera en fin de semaine à la marche blanche, musulmane aux côtés des organisations juives qui défileront en souvenir des sept victimes de Merah. Le président François Hollande devrait participer à l'évènement.

Abel Chennouf et Mohamed Legouade seront honorés à leur tour à Montauban vendredi

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