LE CAIRE (Reuters) - De nouveaux affrontements ont éclaté dimanche au Caire entre forces de l'ordre et manifestants hostiles aux militaires au pouvoir, aux abords du ministère de l'Intérieur.

Les heurts qui ont fait sept morts ont débuté jeudi au lendemain du drame de Port-Saïd, où 74 personnes ont été tuées à l'issue d'un match de football entre Al Masry, le club local, et l'équipe cairote d'Al Ahli. Les manifestants rassemblés depuis quatre jours devant le ministère de l'Intérieur jugent la police et l'armée responsables du drame.

Pour certains, les violences auraient été déclenchées sciemment pour punir les Ultras d'Al Ahli, un groupe de supporters dont l'expérience des confrontations avec les forces de l'ordre a été mise à profit il y a un an, au plus fort des journées révolutionnaires, pour défendre la place Tahrir.

Les affrontements en Egypte hier soir, par Vanessa Descoureaux :

Dimanche, les manifestants dont certains brandissaient des drapeaux aux couleurs d'Al Ahli ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre, qui ont riposté à coups de grenades lacrymogènes. Des blocs de béton ont été disposés dans les rues menant au ministère, après la destruction d'autres obstacles.

"La revendication est que l'armée quitte la scène politique et annonce immédiatement le début des nominations pour l'élection présidentielle", a expliqué un manifestant interrogé près du ministère.

Le Conseil supérieur des forces armées (CSFA), qui assure l'intérim depuis la démission d'Hosni Moubarak, le 11 février dernier, a promis de remettre le pouvoir à des instances civiles après l'élection présidentielle prévue en juin.

Un conseil consultatif mis sur pied par les militaires s'est prononcé samedi pour l'avancement des préparatifs du scrutin.

Cet organe formé de personnalités politiques a souhaité que l'inscription des candidats débute dès le 23 février plutôt que le 15 avril. Cette suggestion, présentée dans un document adressé aux généraux, est motivée par les violences de Port-Saïd.

Dans le document, trois membres du conseil préconisent la tenue du scrutin en avril tandis qu'un quatrième propose de l'avancer au mois de mai.

"Le conseil envisagera de cesser ses réunions si le conseil militaire ne répond pas", a déclaré l'un de ses représentants nommé Chérif Zahran.

"Compte tenu de la gravité des événements et du carnage qui s'est produit, nous ne pouvons pas rester silencieux, nous ne pouvons pas attendre", a ajouté Mona Makram Ebeid, autre membre du Conseil interrogé par Reuters.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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