Alors que Jean-Marc Janaillac a annoncé sa démission de son poste de PDG d'Air France, Franck Terner, directeur général, se retrouve aux commandes d'une compagnie aérienne en pleine crise.

Jean-Marc Janaillac , démissionne de son poste de PDG d'Air France
Jean-Marc Janaillac , démissionne de son poste de PDG d'Air France © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSEL

Il y a deux semaines, Jean-Marc Janaillac avait tenté le tout pour le tout, en annonçant la mise en place d'une consultation de l'ensemble des 46771 salariés de la compagnie sur sa proposition d'augmentation des salaires (2% tout de suite puis 5% sur 3 ans). Il avait même mis son poste dans la balance annonçant que s'il n'obtenait pas une majorité, il ne serait plus possible pour lui de diriger la compagnie aérienne. Après deux semaines de consultation les résultats sont tombés. 80% de participation et un rejet du plan Janaillac par 55,4% des salariés. Résultat : il démissionne. 

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Jean-Marc Janaillac, PDG d'Air France, démissionne

Par Philippe Lefèbvre

En restant unis - une fois n'est pas coutume- avec l'ensemble des personnels d'Air France, le premier syndicat de Pilote le SNPL, avec à sa tête Philippe Evain, a fait basculer le rapport de force en défaveur de la direction.

Vincent Salles, secrétaire général de la CGT-Air France, estime qu'il "serait aberrant que l'Etat remette en place un PDG avec les mêmes lignes politiques et stratégiques."    

Les représentants syndicaux demandaient à la direction d'Air France  6% de rattrapage de salaire. 

La grève d'Air France a coûté environ 300 millions d'euros, alors que la compagnie a fait un bénéfice de 700 millions d'euros l'an dernier.  

Le préavis de grève pour lundi et mardi est maintenu. 

 L'Etat possède 14% du capital d'Air France. Comment va-t-il intervenir ?                       

Ça fait longtemps que nous demandons à l'Etat d'intervenir, qui regarde la compagnie nationale de loin, qui remet en place des PDG lorsque c'est nécessaire. Bien sûr que l'Etat a quelque chose à dire, mais il faut surtout écouter les salariés. Il serait aberrant que l'Etat remette en place un PDG avec les mêmes lignes politiques et stratégiques, ce serait incompréhensible, estime Vincent Salles, secrétaire général de la CGT-Air France. 

L'objectif n'était de faire tomber le PDG, explique les cadres de la compagnie,  mais de montrer que l'intersyndicale unie, des pilotes jusqu'aux guichetiers, était plus forte que n'importe quelle direction.  "Les menaces du gouvernement d'accepter les propositions salariales ou  de s'attendre à des mois difficilles, y compris un plan social,  n'ont visiblement  pas effrayé  55% des salariés d'Air France. Les pilotes se savent en position de force face à la prochaine direction" analyse un cadre d'Air France. Les autres catégories de personnel menacées d'externalisation ne peuvent peut-être pas en dire autant.

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