L'intervention se veut celle d'un "sage", une personnalité incontestée au sein de l'UMP et qui saurait remettre de l'ordre dans une situation qui vire chaque heure un peu plus à la cacophonie générale.

Pour Alain Juppé :

Ce qui est désormais en cause, ce n'est plus la présidence de l'UMP, c'est l'existence même de l'UMP

Par communiqué, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a donc fait cette proposition : présider une instance collégiale, chargée de réexaminer tous les résultats de l'élection dimanche dernier, et ce dans un délai de 10 jours.

Alain Juppé, interrogé par Béatrice Dugué

Immédiatement après cet ultimatum, François Fillon a lui aussi réagi par communiqué :

Cette initiative constitue la meilleure solution pour sortir l'UMP de l'impasse

Jean-François Copé lui aussi s'est dit prêt à accepter "le verdict" d'Alain Juppé, mais à condition que ce verdict prenne en compte les conclusions de la Cocoe et de la Commission des recours. Différence de taille avec François Fillon qui déclarait hier soir encore ne pas avoir confiance dans l'impartialité de la commission de recours de l'UMP. Quoi qu'il en soit, Alain Juppé a annoncé dans la soirée une première réunion de sa nouvelle commission dès la semaine prochaine.

L'équipe de François Fillon elle, continue de dénoncer des oublis dans le décompte des bulletins de vote en Outre-Mer.

Comptes et décomptes

Un peu plus tôt dans l'après-midi, la Cocoe, la commission électorale de l'UMP, déclarait finalement qu'effectivement, comme l'affirment les soutiens de François Fillon, les voix oubliées dans le décompte "inverseraient probablement le résultat" de l'élection.

Les votes des trois fédérations de Nouvelle-Calédonie, de Mayotte et de Wallis-et-Futuna auraient ainsi été oubliés dans le recompte des voix. 26 petites voix, mais qui suffiraient à François Fillon pour lui faire gagner l'élection au poste de secrétaire général du parti.

Selon le directeur de campagne de François Fillon, Eric Ciotti, la Nouvelle Calédonie donnerait 643 voix à François Fillon contre 535 voix à Jean-François Copé. Dans le département de Wallis-et-Futuna, Jean-François Copé totaliserait 14 voix contre 3 pour l'ancien Premier ministre. A Mayotte en revanche, c'est l'actuel secrétaire général de l'UMP qui rassemblerait le moins de voix : 41 contre 68 pour François Fillon.

Reportage de Carine Bécard au sein du camp Fillon

Eric Ciotti s'est exprimé lors d'une conférence de presse aux côtés de deux soutiens de François Fillon, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. Selon lui, le décompte est désormais en faveur de son candidat :

François Fillon : 88.004 voix et Jean-François Copé : 87.978 voix

L'impasse?

Le président de la Cocoe, Patrice Gélard affirme cependant que la commission ne peut plus revenir sur les résultats. Seule la commission des recours interne au parti peut le faire, chose que suggère d'ailleurs Jean-François Copé à son adversaire, qui lui doute publiquement de l'impartialité de l'organe interne à l'UMP.

Nasser Madji a assisté à la prise de parole de Jean-François Copé

François Fillon, quant à lui, réclame la "vérité" tout en excluant tout recours juridique. L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a également refusé de rencontrer son adversaire Jean-François Copé, ou alors uniquement en présence de celui, plus que jamais, qui représente à ses yeux l'indépendance et l'impartialité même, Alain Juppé. Lui qui a désormais le sort de l'élection à la tête de l'UMP entre ses mains.

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