L'écrivaine, Prix du Goncourt des lycéens pour L'Art de perdre, travaille à un futur roman sur les questions du numérique, et invite Alain Damasio, auteur phare de la geek culture, lors d'une carte blanche à La Comédie du Livre.

Alice Zeniter
Alice Zeniter © AFP / Joel Saget

La 33e Comédie du Livre de Montpellier, se déroule du 25 au 27 mai 2018.  Cette année, les écrivain.e.s néerlandais.e.s et flamand.e.s sont les invité.e.s d’honneur. Une carte blanche a été confiée à la romancière Alice Zeniter, prix Goncourt des lycéens 2017. 

Alice Zéniter fait partie des lauréat.e.s du prix du Livre Inter avec Sombre dimanche. Elle est l’auteure de Juste avant l’oubli, prix Renaudot des lycéens et de L’art de perdre. Elle est également dramaturge et metteure en scène de théâtre. Mais pour la comédie du livre elle a choisi de faire part de ses centres d’intérêts comme le cinéma afro-indépendant et les dystopies.  Ainsi a-t-elle convié l’auteur Alain Damasio. Celui-ci vient de remporter le Grand Prix de l'imaginaire de la Nouvelle francophone pour Serf-Made-Man ? ou la créativité discutable de Nolan Peskine (in Au bal des actifs, La Volte).  Il avait obtenu ce prix il y a plus de 10 ans pour son célèbre roman La Horde du contrevent. 

Damasio questionne les progrès des technologies et leurs conséquences dans la vie des Humains. 

Alice Zéniter : "Je ne m’attendais pas à découvrir une œuvre aussi vaste politiquement et philosophiquement. De plus, sa réinvention du langage me fascine totalement. Je suis en admiration devant ces petits éclats de langue déformée qui font sa patte. Ce que nous avons en commun avec Damasio,  c’est l’esprit de résistance de ces personnages"

Je me sens à ma place dans son monde ; il y a toujours des figures de rebelles qui s’opposent à un système dépersonnalisant.  Il a inventé des tas d’univers, il a imaginé par exemple que les grandes compagnies achètent des mots et qu’on ne peut plus les utiliser gratuitement. Damasio, avec le récit de ses luttes, et en parlant cette dictature horizontale, ne peut pas raconter des happy ends. Mais  c’est le seul qui réussisse à me réjouir et à me laisser sur une note d’espoir et de combat alors qu’il ne raconte pas des histoires de révolutions réussies". 

Technologie et démocratie

Si Alice Zeniter ne créé pas de dystopies et inscrit toujours ses personnages dans leur époque, elle compte bien prendre les questions numériques en compte et il faut s’attendre à un prochain roman sur le sujet. 

«  Ça me travaille, et notamment sur la question de l’engagement politique. Il y a des batailles politiques qui se jouent sur internet entre un nombre restreint de gens, ceux qui ont les codes et les outils. Mais il n’y a pas de possibilité démocratique dans ce jeu-là. Quand ce sont de ceux qu’on aime comme les Anymous, ce sont des héros et des chevaliers blancs et des Robins des bois. Mais quand  il s’agit des hackers russes qui influencent l’élection américaine c’est terrifiant. Ce sont des sujets sur lesquels je travaille. »

Après la saga familiale d'Algérie en France, de l'Art de perdre, bientôt, un roman politique sur l'exercice de la démocratie à l'ère numérique. On ne s’y attendait pas mais il faudra attendre encore un peu pour le lire. 

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