Allègre a trop bouffé de pesticides C’est quoi le progrès ? Non, vous rigolez... Vous allez pas vous lancer dans ce sujet qui occupe l’humanité depuis que Tautavel a domestiqué le feu, et tracasse mon beau-frère tous les dimanches après le gigot, entre les blagues salaces et le commentaire sur l’amant de Carla ? Si, précisément. C’est le sujet du devoir d’aujourd’hui. A vos stylos. Une pensée de gauche ne peut ignorer la question du progrès. La pose Allègre, avec son pamphlet qui fait peur aux scientifiques, tellement qu’ils sont obligés d’aller pleurnicher auprès du Ministre de la Recherche pour qu’elle tape sur les doigts du mouton noir... Que fait Valérie Pécresse ? Elle saisit l’Académie des Sciences. Que peut-elle faire d’autre ? Autrement dit elle saisit les zozos qui l’ont saisie. Quand les savants en appellent aux politiques pour parler de science, c’est pas bon. Bref. Allègre, il s’en vante, se situe résolument du coté du progrès et des hommes, contre les passéistes, les arbres et les bêtes. Le progrès c’est la science. Allègre est du coté de la science. Les anti-Allègre aussi d’ailleurs. « Notre religion c’est la science » disait Auguste Comte. Le pygmée est dans la magie et l’animisme, le catho dans la religion, et l’Allègre dans la positivisme. Et pourtant le livre d’Allègre se vend car il relève de la théorie du complot, comme celui de Messyan « L’Effroyable imposture » qui niait l’attentat de 2001 contre le Pentagone. Plait chez Allègre la manipulation du GIEC (Groupe international d’études sur le climat) qui racle du fric pour autofinancer ses stupidités. Gérondeau, l’individu défoncé aux gaz d’échappement, l’idolâtre béat de la bagnole, le mec qui bramait qu’il y avait un complot contre la voiture des instituts mesurant la pollution de l’air, soutient Allègre. Et Allègre le cite dans son livre, tu parles d’une caution ! Allègre est-il un négationniste ? Même pas. C’est un progressiste borné, c’est pire. Avec lui, on peut continuer comme avant, « dans le progrès », c'est-à-dire dans le rien, le rien à foutre de toutes ces salades d’écologie. Et on repart au tableau ! C’est quoi le progrès ? Visiblement la technique est une donnée bien intégrée par l’humanité, le progrès technique aussi, mais ça ne suffit plus. Et comme la religion n’intéresse plus personne, au-delà de la braguette de OberfurherBenoît, on est dans la mouise. On a bien compris que lorsqu’on aurait acheté l’I-pad avec sa super bibli de livres électroniques, nous qui n’avons jamais lu Shakespeare, qui nous promettons de le lire avec l’I-pad, mais ne le lirons toujours pas, on sera aussi nœud qu’avant. Déjà on changeait de portable tous les trois mois et on ne sentait pas vraiment le souffle du progrès. C’est vivre plus longtemps ? Alors le capitalisme qui fait vivre plus vieux et surtout plus gros apporte du progrès, au prix de quelques pesticides dans les assiettes. Souffrir moins ? Oui, la péridurale pour les femmes qui accouchent et l’utilisation de la morphine en soins palliatifs sont des progrès. Bander plus ? Le viagra est un progrès. On reste dans le progrès chimique... C’est ni de gauche ni de droite. Et là mon copain de gauche intervient : le progrès c’est le social, l’éducation, la lutte contre la pauvreté, et la hausse du Smic, et la Sécu pour tous les Chinois. C’est le capitalisme social. Ou la social-démocratie si tu préfères. Je suis pas contre. Pourtant, quelque chose me dit que ce n’est pas vraiment le progrès, comme peut le représenter la techno science, avec tous ses aspects antidémocratiques (la dictature des savants) et religieux, quasi fanatiques ; que ce n’est pas quelque chose qui peut vraiment me motiver, me rendre joyeux, comme les congés payés rendirent joyeux les gens de 36 et la Sécu ceux de 45. Le progrès, dont j’ai besoin sinon je suis un légume, c’est autre chose : c’est le « changer la vie » honteusement piqué à Rimbaud en 81 par Mitterrand et autres. C’est quoi, les congés payés aujourd’hui ? Allez, fini, je relève les copies. Post-scriptum : sujet n°2, pour ceux qui n’auraient pas aimé le premier : Pujadas, à travers l’émission « Les infiltrés » sur la pédophilie a-t-il bien fait de balancer les pédophiles aux flics ? Emmanuel Chain, suite à son émission sur la drogue en banlieue, a-t-il bien fait de balancer les trafiquants ? Pujadas et Chaîn sont-ils des indics ? Quel est la limite entre l’indic et le journaliste ? L’homme (père du petit garçon menacé par la drogue et le sexe pervers) doit-il prendre la place du grand professionnel ?

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