« Je suis passé de l’état de fonctionnaire interne à la Commission [européenne] à celui de lobbyiste , explique Jean-Jacques Vies, le 17 juin 2004, à l’Office central belge pour la répression de la corruption. De nombreux ex-collègues et copains m’ont, de ce fait, fournis des informations plus pointues puisqu’ils me connaissaient. Certains étaient mêmes convaincus que je faisais encore partie du cadre et répondaient à mes questions sans ambages. »

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Selon Jean-Jacques Vies, sa mission principale avait deux objectifs :

1- Fournir des informations stratégiques sur l’évolution de la politique agricole commune (PAC).

2- Suivre au plus près les fluctuations des marchés agricoles, afin d’être le mieux informé possible avant chaque « comité de gestion » de la Commission européenne, tous les jeudis, à Bruxelles, attribuant les marchés à l’exportation ainsi que le versement des subventions.

« Mon job, c’était d’anticiper les niveaux des prix , nous explique Jean-Jacques Vies, afin de permettre à nos exportateurs d’être les mieux disants sur les marchés européens. Avoir la meilleure information pour remporter les marchés. »

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Son accès aux couloirs de la Commission européenne et de la Direction générale de l’agriculture était facilité par son passé de « fonctionnaire intégré dans la machine » bruxelloise, lorsqu’il travaillait pour la répression des fraudes, à tel point, dit-il, que même les huissiers ne lui réclamait pas le badge d’accès, dont il ne disposait pourtant plus, en tant que lobbyiste.

Ecouter le témoignage de Jean-Jacques Vies…

4 min

Corruption agriculture européenne 2 (Vies)

En février 2004, quelques mois après le début de l’enquête judiciaire, Jean-Jacques Vies est licencié par UNION INVIVO pour « motif personnel », « en raison de [son] incapacité persistante (…) d’exercer et poursuivre » ses activités au sein du SYNCOPEX.

L’ancien lobbyiste a saisi les prud’hommes, afin de contester son licenciement.

Le 17 février 2011, Jean-Jacques Vies a été débouté de ses demandes par le Conseil de prud’hommes de Paris. Il a fait appel.

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