L'enquête se poursuit après les attaques terroristes perpétrées dans l'Aude, qui ont coûté la vie à quatre personnes. Deux proches de l'assaillant, qui s'est déclaré comme un soldat de l'organisation État Islamique, sont toujours en garde à vue, alors que la France entière rend hommage aux victimes.

Fleurs déposées à la mémoire du lieutenant-colonel Beltrame, devant la gendarmerie de Carcassonne
Fleurs déposées à la mémoire du lieutenant-colonel Beltrame, devant la gendarmerie de Carcassonne © AFP

Les gardes à vue de la compagne et d'un ami de Radouane Lakdim, un petit délinquant radicalisé qui a tué quatre personnes vendredi dans l'Aude en se présentant comme un "soldat" de l'organisation Etat islamique, ont été prolongées pour le troisième jour consécutif. 

La jeune femme, âgée de 18 ans, avait été interpellée vendredi soir et l'ami, un jeune homme de 17 ans, dans la nuit de vendredi à samedi. D'après une source proche de l'enquête, la jeune femme "manifeste des signes de radicalisation". Dans les enquêtes antiterroristes, les gardes à vue peuvent être prolongées jusqu'à 96 heures, et jusqu'à 144 heures dans les cas exceptionnels. Les enquêteurs cherchent ainsi à déterminer les raisons du passage à l'acte de l'assaillant jihadiste et à trouver d'éventuelles complicités.

Lors de son équipée meurtrière, Radouane Lakdim, Français d'origine marocaine de 25 ans, était muni d'une arme à feu, d'un couteau de chasse et de trois engins explosifs de confection artisanale. Les enquêteurs ont retrouvé les trois engins explosifs répartis "en divers points" du supermarché de Trèbes. Ils contenaient de la poudre et des éléments de cartouches.

D'après le procureur de Paris, François Molins, Radouane Lakdim avait fait l'objet en 2016 et 2017, de la part des services de renseignements, "d'un suivi effectif qui n'avait permis de mettre en évidence aucun signe précurseur pouvant laisser présager un passage à l'acte terroriste".

Des hommages partout en France 

Fleurs, petits mots, dessin, messages de solidarité : partout en France, les gendarmeries ont vu affluer personnalités et anonymes venus rendre hommage au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, tué à l'arme blanche par Radouane Lakdim, après s'être substitué à une otage du supermarché de Trèbes. La source judiciaire a par ailleurs indiqué que l'autopsie du lieutenant-colonel avait mis en évidence des lésions par balles non létales et "révélé une plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche".  L'officier de gendarmerie, 45 ans, a succombé samedi à ses blessures et sa mort a suscité émotion et hommages pour un homme "tombé en héros".

Les hommages se sont multipliés à travers le territoire : des gens sont venus porter des fleurs, des petits mots, des dessins d'enfants ou ont téléphoné, tandis qu'une messe a été célébrée dimanche matin à Trèbes en mémoire des victimes.  Une cérémonie d'hommage national, dont la date n'a pas encore été précisée, devrait aussi se tenir à la mémoire du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.