François Hollande s'est porté jeudi à "l'offensive", notamment sur le front européen en s'engageant à donner corps à une union politique dans les deux ans, avec un gouvernement économique de la zone euro. Il a également dit prendre la mesure des "doutes".

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait lors de la seconde conférence de presse de son quinquennat un an après son arrivée au pouvoir, ait face à une désaffection sans précédent dans la Ve République à ce stade du mandat présidentiel.

Il a donc tenu à rassurer les Français... Expliquant qu'il prend la mesure des doutes, de la "détresse", de ses compatriotes dans un contexte de récession, mais il a réaffirmé sa foi en une inversion de la courbe du chômage d'ici fin 2013, un objectif que les économistes jugent intenable.

"Notre économie est à l'arrêt depuis cinq ans"

L'offensive de François Hollande vise donc principalement le chômage, à faire baisser avant la fin de l'année. Les explications de Régis Lachaud.

Soucieux de "vérité" à l'égard de l'opinion, il a toutefois concédé que "la bataille" ne se gagnerait pas sans croissance. Une croissance qu'il pronostique "nulle" en 2013, voulant "croire" à 1,2% en 2014.

Pour Jean-Marc Lech, politologue et patron d'Ipsos, François Hollande fait "du sur-place de manière offensive".

Mais François Hollande assure qu'il ne pense pas encore à 2017, loin de là.

Vers un gouvernement économique européen ?

"L'enjeu, c'est la croissance, c'est la sortie de la crise, c'est la fin de la récession", a-t-il souligné, défendant les "réformes essentielles" engagées depuis un an pour restaurer "la crédibilité budgétaire" du pays.

Car pour François Hollande, le problème, à l'échelle de l'Europe, c'est la récession.

Jugeant durablement amorcée la "remise en ordre" de l'économie nationale, François Hollande a décliné son "offensive" à l'échelle de l'Union européenne, dont il a fait le point d'orgue de son discours liminaire alors que la majorité se fracture sur les enjeux européens et la relation avec Berlin. Le président français a voulu rassurer sur la solidité du moteur franco-allemand, qui hoquète depuis un an, en faisant finalement écho aux propositions d'Angela Merkel sur l'Europe politique. Le couple franco-allemand, a-t-il dit, est "indispensable - je dis bien indispensable" à l'Europe. Il suggère aussi l'instauration d'un gouvernement économique de la zone euro se réunissant tous les mois avec pour mission l'harmonisation fiscale et la lutte contre la fraude fiscale. La zone aurait aussi une capacité budgétaire et la possibilité de lever l'emprunt. Berlin reste opposé à ces euro-obligations. _"Ce gouvernement économique débattrait des principales décisions économiques"_
L'avènement d'une communauté européenne de l'énergie et le déblocage de fonds européens pour l'insertion des jeunes seront prônés par Paris à l'occasion des prochains Conseils européens. ### Emploi et avenir au coeur de "l'offensive" Affirmant ne "chercher aucune défausse ni sur le passé ni sur l'extérieur", le chef de l'Etat entend concentrer l'offensive intérieure sur la préparation de l'avenir et l'emploi. "C'est en voyant loin que l'on change la perception du présent et que l'on redonne espoir", a-t-il justifié. "Il n'y aura pas d'espérance possible tant que le chômage n'aura pas entamé sa décrue" et "la courbe du chômage peut s'inverser d'ici la fin de l'année", a-t-il réaffirmé. Concernant la plus grande réforme des prochains mois, celle des retraites, François Hollande a confirmé que "dès lors que l'on vit plus longtemps, on devra travailler aussi un peu plus longtemps". _"Nous allons rétablir durablement les régimes de répartition, tenant compte de notre démographie"._
### Pas d'amnistie sociale, "par principe et par expérience" François Hollande a aussi réaffirmé son opposition au projet d'"amnistie sociale" proposé par le Front de gauche avec le soutien des Verts et d'une partie du Parti socialiste, tout en se disant prêt à "regarder un certain nombre de situations". Le chef de l'Etat a approuvé le vote, à l'initiative de la majorité du groupe socialiste de l'Assemble nationale, d'une motion pour renvoyer en commission cette proposition de loi déjà adoptée par le Sénat, en faisant valoir que "le moins qu'on puisse dire est que sa rédaction n'était pas parfaite". _Il a indiqué que "par principe et par expérience" il n'était pas favorable aux lois d'amnistie._
Prié de dire s'il avait promis à Jean-Luc Mélenchon de faire voter une telle loi d'amnistie, comme celui-ci l'a affirmé, François Hollande a répondu : "Il est exact que Jean-Luc Mélenchon est venu présenter un certain nombre de situations que nous pouvons regarder, pas nécessairement dans une loi d'amnistie."Pas d'amnistie non plus, c'est une évidence, pour les "casseurs" du Trocadero. Le président de la République a répondu aux critiques contre son ministre de l'Intérieur, accusé par la droite "d'amateurisme"._"Je préfère son action à celle de son prédecesseur", tacle François Hollande._
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