Des annonceurs ont découvert leurs pubs sur des vidéos et des sites racistes, homophobe ou glorifiant le viol. Google annonce des mesures pour mieux contrôler la diffusion.

Des publicités de grands groupes anglo-saxons se sont retrouvés sur des vidéos Youtube faisant l'apologie du viol ou de propos antisémites.
Des publicités de grands groupes anglo-saxons se sont retrouvés sur des vidéos Youtube faisant l'apologie du viol ou de propos antisémites. © Maxppp / Simon Daval

Le géant de l’internet Google contraint de mieux surveiller les sites sur lesquels apparaissent ses espaces publicitaires après un scandale au Royaume-Uni, dévoilé par le journal The Times le 17 mars dernier.

Lundi, les supermarchés Marks and Spencer retirent leurs annonces, comme l’ont fait les banques RBS et HSBC, MacDonald’s ou les médias comme la BBC et The Guardian en fin de semaine dernière. Le scandale est remonté jusqu'à l'exécutif : le 10 Downing Street a également suspendu ses publicités sur YouTube en attendant des explications de la firme américaine.

Les publicités achetées par ces groupes se sont retrouvées sur des sites ou des vidéos Youtube aux propos inappropriés : pro-viol, antisémites et ou encore des prêches incitant à la haine raciale. De manière indirecte, les annonceurs finançaient donc les administrateurs de ces sites et les créateurs de ces vidéos.

Philipp Schindler, directeur commercial de Google fait son mea culpa sur le blog du groupe américain.

Nous savons que les publicitaires ne veulent pas que leurs publicités soient associées à des contenus qui ne respectent pas leurs valeurs. Donc, dès aujourd'hui, nous adoptons une position plus dure concernant les contenus haineux, offensants ou insultants.

Google s'engage désormais à retirer plus efficacement les publicités associées à des contenus "qui s'en prennent à des personnes en raison de leur race, religion ou genre", précise Philippe Schindler.

Les espaces publicitaires, comment ça marche ?

Ce ne sont pas des humains qui achètent directement des espaces publicitaires Google sur les sites ou la plateforme vidéo Youtube mais un système automatisé basé sur un algorithme. Les pubs diffusées par Google peuvent donc se retrouver sur tous types de sites internet. Même si le géant américain assurait jusqu'à présent filtrer les contenus sur lesquels sont placées ces publicités, des failles existaient.

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Concernant YouTube, Google va s'assurer que les publicités n'apparaissent que sur des contenus publiés par des personnes adhérant à une charte élaborée par la plateforme vidéo. Les publicitaires auront à leur disposition de nouveaux outils de gestion. Ils pourront choisir de ne pas être associés à certains sites ou certaines chaînes YouTube.

Google compte encore sur l’intelligence artificielle

Google promet d’engager un nombre "significatif" d’employés. Le but ? Développer les derniers outils à la pointe de l’intelligence artificielle. La société compte ainsi détecter en quelques heures les contenus malveillants et se protéger contre de mauvaises associations entre publicités et messages indésirables.

L'enjeu est important pour Google. La plus grande partie de ses revenus provient de la publicité. La Grande-Bretagne est son premier marché en dehors des États-Unis. En 2016, elle a représenté un chiffre d'affaires de 7,8 milliards de dollars (soit 7,3 milliards d'euros), principalement généré par la publicité, soit presque 9% du chiffre d'affaires global du géant américain.

Le classement annuel des marques qui valent le plus dans le monde (février 2017).
Le classement annuel des marques qui valent le plus dans le monde (février 2017). © Visactu / Visactu/ Brand Finance
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